Coaching : Questions à Mahdi Bouziane, Directeur exécutif de la Fondation marocaine de l’étudiant (FME)

«Près de 250 jeunes sont accompagnés par des coachs confirmés»

Mahdi-BouzianeLa Vie éco : Faites-vous appel à des coachs ? Dans quel cadre?

Depuis deux ans, nous avons mis en place, en partenariat avec BMH coach et la Haute académie marocaine de coaching, un programme de coaching professionnel destiné à nos boursiers. L’objectif étant de mettre à la disposition de ces jeunes talents l’expertise d’un coach professionnel pour dépasser certaines difficultés qui peuvent handicaper leur parcours d’excellence. Les jeunes travaillent avec des coachs professionnels dans le cadre de coaching de groupe sur des problématiques identifiées: développement personnel, techniques de recherche d’emplois, communication… Grâce au réseau de coachs bénévoles, ce programme est dispensé à Casablanca, Marrakech, Agadir et Rabat.

Cette année, nous avons enrichi ce dispositif et l’avons adapté aux taupins (élèves en classes préparatoires). Le programme coaching de l’Excellence se déploie sous forme d’une série de concentrations (séminaires de 2 jours) sur les deux années du cursus pour préparer au mieux ces jeunes à faire face à l’échéance des concours aussi bien marocains que français. Le haut niveau de compétition au sein de cette filière fait émerger des besoins spécifiques : gestion du stress, organisation du travail, confiance en soi…

Cette année, en additionnant les deux programmes, ce sont près de 250 jeunes qui sont accompagnés dans le cadre de programmes de coaching. Ces programmes viennent renforcer le dispositif d’accompagnement mis en place par la FME dans le cadre des bourses d’excellence et de mérite qu’elle propose.

Comment procédez-vous?

Compte tenu de la spécificité du public auquel nous nous adressons, (des jeunes issus de milieux défavorisés), nous avons identifié un déficit de communication et de confiance en soi assez important chez une grande partie de nos boursiers. Déficit qui inhibe parfois leurs ambitions. Avec notre partenaire BMH Coach et la HAMAC, nous avons donc mis en place ces programmes pour y répondre de manière particulière. Une fois le programme et le concept arrêtés, nous avons fait appel à des coachs bénévoles pour soutenir cette initiative. Le premier programme est basé exclusivement sur le bénévolat de l’ensemble des intervenants.

Sur le second programme destiné aux classes préparatoires, nous avons réussi à convaincre des bailleurs de fonds de financer le dispositif : Ingénierie du programme, logistique des concentrations, défraiement des coachs professionnels.

Pour une association comme la vôtre, quel est le bénéfice que vous en tirez ?

L’intérêt du coaching est de sortir d’une logique d’apprentissage (passive) avec les boursiers à une vraie logique d’accompagnement où le bénéficiaire est appelé à être acteur. Le cadre de confiance et de partage mis en place grâce au coach permet par ailleurs de favoriser les échanges d’expérience entre les jeunes. Cela permet de rompre, dans un espace protégé, la logique d’isolement et de solitude dont ils peuvent souffrir.

Enfin, je pense que la rencontre des jeunes avec des coachs confirmés et professionnels est en soi une bonne chose. Nous espérons voir les résultats de ces programmes sur nos jeunes rapidement.