Choisir un consultant : mode d’emploi

Certaines entreprises peuvent tomber dans le piège, surtout celles qui méconnaissent le marché du conseil et de ses intervenants directs. Deux barrières peuvent se dresser à  l’entrée pour un consultant : le bagage technique et les références.

Depuis quelques années, les cabinets de consulting se sont multipliés. A l’entrée, n’importe qui peut se proclamer consultant du moment qu’il possède quelques notions dans un domaine particulier et une expérience en la matière. Ces experts, pour la plupart indépendants, sont de plus en plus sollicités par les entreprises pour des projets ponctuels, souvent des missions ne nécessitant pas la mise en place d’une structure dédiée. Compte tenu de leur statut, ils font forcément moins de tapage que les cabinets structurés qui ont pignon sur rue, mais ils ne sont pas moins performants. Evidemment, certaines entreprises peuvent tomber dans le piège, surtout celles qui méconnaissent le marché du conseil et de ses intervenants directs, ou qui ne disposent pas de structure interne pour identifier leurs besoins.
Qu’est-ce qui fait alors la réussite d’un consultant ? Cela ne dépendra que de lui-même. Car c’est là la barrière sélective. Etre consultant suppose de disposer non seulement d’un bagage théorique, mais aussi et surtout pratique. Il faut être en mesure à la fois de faire de la stratégie et de proposer un plan d’action.
De même, pour décrocher des marchés auprès des sociétés, il faut se faire un nom. Ce qui est difficile pour ceux qui ne disposent pas d’un carnet d’adresses étoffé. C’est là une autre barrière à l’entrée. Avec des diplômes pour tout bagage, aussi pointus soient-ils, on a peu de chance de percer en tant qu’indépendant. L’expérience professionnelle sert à la fois de gage de compétences et de sésame lors des débuts dans le métier.

Les qualités humaines sont aussi importantes que les compétences techniques

Pour sa part, l’entreprise est en droit d’exiger du consultant certaines qualités. «D’abord ses références et son parcours mais surtout sa perception de l’objet de la mission à partir des expressions du client. Sans quoi le projet peut tomber à l’eau. Tout consultant ne peut venir avec des solutions toutes faites. Tout part des besoins de l’entreprise», explique Aziz Taib, DRH dans une entreprise industrielle. Les qualités humaines sont aussi importantes. «Dans les missions, la qualité des ressources humaines a autant d’importance que les compétences techniques», exprime Phillipe Ballaux, DG du cabinet Key Training. Surtout lorsque l’expert est en contact direct avec le personnel. Un comportement inadapté peut conduire directement à l’échec.
Parfois, certains consultants font tout pour devenir indispensables. Pourtant, «le consultant professionnel doit pouvoir expliquer les limites de son intervention avant de démarrer sa mission. Sans quoi, elle peut déboucher sur un ratage», poursuit M. Ballaux. Après tout, une relation avec un consultant n’est pas éternelle. Il faut savoir tourner la page et corriger ses habitudes afin de trouver le bon partenaire.