Chargé des relations presse : c’est avant tout un travail de journaliste

Les entreprises commencent à recourir aux services de chargés de relations presse pour peaufiner l’image de l’entreprise n Ils doivent développer les mêmes réflexes professionnelles que les journalistes.

Les «RP», comme on les nomme assez souvent, ne travaillent plus uniquement dans les agences de communication mais de plus en plus dans les grandes structures. Ils sont l’interface entre l’entreprise et son environnement extérieur. Entretien avec Nadia Lamhaidi, professeur à l’ISIC- Rabat et consultante en stratégie de communication et relations presse.

n La Vie éco : Comment expliquez-vous le développement des métiers des relations presse ?
Nadia Lamhaidi : L’entreprise marocaine est de plus en plus soucieuse de son image de marque dans les médias. Les chefs d’entreprise sont aujourd’hui conscients que la presse n’est plus, comme par le passé, une simple courroie de transmission, mais bel et bien un partenaire qu’il faut fidéliser et intéresser. La presse marocaine, économique en particulier, connaît en parallèle un développement conséquent aussi bien sur le plan de la forme que des contenus.
Pour améliorer sa visibilité et valoriser son action et ses résultats, l’entreprise marocaine communique de plus en plus dans les médias sur ses activités, sur ses hommes… L’engouement du monde de l’entreprise pour les médias explique en grande partie le développement des métiers des relations presse et l’intérêt grandissant qu’on leur prête. Il est de plus en plus fréquent, aujourd’hui, de voir les entreprises marocaines se doter d’un service spécifique des relations presse qui opère en parfaite autonomie par rapport aux autres services de la communication.

n Quel est le profil idéal d’un chargé des relations presse et où le trouve-t-on ?
Un bon chargé des relations presse est d’abord un vrai journaliste. Il doit maîtriser les outils de travail des journalistes, doit être en mesure de mâcher le travail pour eux et de développer les mêmes réflexes professionnels qu’eux. Le profil idéal est celui ou celle qui dispose d’un large réseau dans le milieu journalistique et qui est capable de développer une collaboration durable basée sur une relation win-win. L’entreprise intéresse les médias et obtient des retombées presse satisfaisantes, et le journaliste travaille dans un climat professionnel et efficace. Un chargé des relations presse performant est celui qui travaille dans le giron de la direction générale. Il a besoin d’autorité pour assurer la remontée de l’information de l’expert au journaliste. Véritable interface entre ces deux sphères, le bon chargé des relations presse est d’abord celui qui connaît parfaitement bien son entreprise.
Beaucoup d’entreprises font le choix de s’attacher les services d’un journaliste professionnel à temps plein ou partiel. D’autres investissent dans la formation pour reconvertir leurs cadres aux métiers des relations presse. Par contre, certaines externalisent la gestion de leurs relations presse. Une tendance, certes encore embryonnaire au Maroc, mais appelée à se développer.
n Quel est l’avenir des métiers des relations presse, compte tenu du développement des NTIC ?
L’entreprise articule aujourd’hui sa communication autour de plusieurs supports. Celle qui est en rapport avec les NTIC, l’internet en particulier, connaît un développement conséquent. L’entreprise marocaine, celle, en l’occurrence, qui adhère à cette nouvelle tendance, ne s’y trompe pas puisque l’internet est aujourd’hui l’outil de travail essentiel d’un journaliste. De plus en plus de sites d’entreprises marocaines comportent une fenêtre dédiée aux journalistes, dans laquelle ils peuvent télécharger communiqués et dossiers de presse…
Les e.journalistes sont de plus en plus présents sur les fichiers presse des entreprises car ils sont conscients qu’être présent en boucle sur les portails de l’information ne peut être que salvateur pour leur image de marque et pour la bonne presse qu’ils cherchent à consolider auprès de leurs partenaires et de l’opinion publique en général

nadia lamhaidi Professeur à l’ISIC Rabat Le RP a besoin d’autorité pour assurer la remontée de l’information de l’expert au journaliste.