Changer de métier, ça se prépare !

Entre le rêve d’une vie meilleure et l’exercice du métier que l’on a toujours rêvé de faire, le chemin est parsemé d’obstacles.

Entamer une reconversion professionnelle n’est pas chose facile. Entre le rêve d’une vie meilleure et l’exercice du métier que l’on a toujours rêvé de faire, le chemin est parsemé d’obstacles. Le changement de cap ne s’improvise pas. Il doit être le résultat d’un long processus de réflexion et de travail acharné visant à améliorer ses aptitudes professionnelles et personnelles. Premier conseil pour réussir ce grand saut : être méthodique ! En commençant par se fixer des objectifs réalistes et réalisables, avec des deadlines à ne pas dépasser. A chaque étape du changement des questions doivent être posées.

L’élément déclencheur

Pourquoi avez-vous décidé de changer de métier ? De prime abord, la réponse à cette question semble simple. Pourtant, y répondre se révèle vite être un exercice difficile. «Arrivé à un stade de la vie professionnelle, il devient difficile d’être honnête avec soi. Car les réponses à cette question peuvent parfois nous dissuader de franchir le pas. Quelque part, on le sait à l’avance», souligne Brahim Amdan, coach accompagnateur en changement de carrière. Réaliser un rêve d’enfant peut être en effet moins motivant que l’envie de quitter un poste ingrat. «Ma motivation première était d’ordre professionnel. Je voyais bien que les possibilités d’évolution étaient limitées lorsque j’étais encore fonctionnaire», partage Moncef Kabbaj, directeur de Claire vision consulting, un cabinet de sondage et d’enquêtes d’opinion. Quel que soit le métier que vous avez choisi d’exercer, il vous faut donc une bonne raison pour le faire.

En parler à l’entourage familial

Si l’envie de changer de vie professionnelle est plus forte pour la garder pour soi, la famille peut être d’un excellent conseil. «J’ai tout de suite partagé mon idée avec mon père. Il m’a été d’une grande aide sur le plan moral, mais également, par la suite, sur le plan financier», se rappelle Zakaria Jamali Idrissi, directeur général de Decoz, une entreprise spécialisée dans les cuisines équipées. En effet, si vous partagez votre aventure avec vos proches dès ses débuts, ils n’auront aucun mal à vous supporter financièrement s’ils en sont convaincus. Attention toutefois aux membres de la famille dont l’attitude négative, voire pessimiste, risque d’avoir des effets indésirables sur vous et votre projet ! «Il est important d’impliquer les proches dans ce projet de changement de carrière. Cependant, ils doivent être assez matures pour comprendre que le candidat traverse une période d’incertitude, où les questions n’ont pas toutes une réponse. Un seul commentaire négatif et le projet passe aux oubliettes», rappelle M. Amdan.
Accepter de se faire coacher dès les premiers jours semble être une sage décision. Car si l’expérience en vaut la peine, ne peut pas changer de carrière qui veut. Si l’on ne dispose pas des qualités professionnelles et personnelles nécessaires, et c’est presque toujours le cas, le rôle du coach accompagnateur prend tout son sens. Sa principale mission ici est de déceler les points faibles des candidats et de les pousser à les corriger (cf. avis d’expert).

Se faire coacher

Le cas échéant, il peut leur faire comprendre qu’ils ne sont pas faits pour le métier de leurs rêves. «Malgré toute l’attention portée à mes candidats, le taux de réussite de ce type de projets est de l’ordre de 30% seulement», regrette Brahim Amdan. Les échecs sont par conséquents monnaie courante. Il faut garder cette éventualité en tête !

La redécouverte de soi

Suis-je fais pour ce métier? Ai-je le savoir-faire nécessaire pour démarrer cette nouvelle étape de ma vie professionnelle ? Si ces questions sont permises, leurs réponses ne sont pas facilement accessibles. Et il faut parfois se mettre à l’épreuve pour en avoir le cœur net. «C’est pourquoi je fais subir à mes candidats une série de tests psychologiques afin de déceler leur réel potentiel», explique M. Amdan. C’est ainsi qu’un candidat souhaitant travailler dans les relations publiques doit facilement pouvoir ramener le maximum de cartes de visites lors d’une conférence. S’il ne réussit pas, c’est qu’il n’a pas le don du contact. Il doit alors retravailler ses qualités relationnelles. De la même façon, un futur enseignant devra retenir sans difficulté l’attention de son auditoire lors d’une réunion de travail.
Une fois les forces et les lacunes mises en exergue, il est temps de les classer par ordre de priorité afin de savoir quel avantage garder et quel inconvénient travailler.
Le bilan des compétences doit accompagner le candidat dans la quête de son rêve. Il est possible de le réaliser soi-même. Mais il est fortement recommandé de faire appel à un professionnel. Celui-ci fixera la durée et la fréquence des entretiens nécessaires à l’établissement d’un premier bilan.

Faire un bilan des compétences

«L’ensemble des tests que je fais passer à mes candidats me permet de cerner les éléments sur lesquels un travail urgent doit être effectué», explique M. Amdan. En fonction du métier et du poste cible, votre coach pourra vous définir un bilan de compétences cible. Au final, vous disposerez de la version actuelle et cible de votre profil. Vos actions peuvent désormais être ciblées.

Commencez par le plus urgent !

Il n’est pas nécessaire de disposer de tout le savoir-faire lié à l’activité souhaitée pour prendre la décision d’entamer sa nouvelle carrière.

Repartir à la case départ

Cependant, une fois le choix arrêté, il est impératif de demander de l’aide. Celle-ci peut provenir d’un professionnel opérant dans le même secteur comme elle peut être dispensée sous forme de cours. Retourner aux bancs de l’école ne doit donc pas faire peur. Bien au contraire !
De même, «les stages d’immersion en entreprises sont un moyen auquel ont régulièrement recours les personnes décidées à simuler un environnement proche de celui qui les attend. Je le conseille systématiquement à mes candidats», confie Brahim Amdan.
Il n’y a pas de bon moment pour changer de métier. De la même façon, il n’y a pas d’âge idéal pour se reconvertir. Le tout est de choisir le bonne période vis-à-vis de l’activité qui nous intéresse. Car réorienter sa carrière dans un contexte défavorable risque de transformer votre  rêve en cauchemar.