Ce qui les a poussés à  changer d’entreprise, ce qu’ils en ont retiré

Khalid Derouan
Contrôleur de gestion dans une multinationale
«J’ai atteint la maturité en huit ans et au bout de quatre changements d’entreprise»
«J’en suis à ma quatrième entreprise au bout de huit ans d’expérience professionnelle. J’ai débuté en tant qu’analyste financier, puis j’ai évolué vers le contrôle de gestion, l’administration des ventes, chef de projet informatique… Si je constate que les possibilités de développement sont réduites dans une entreprise, je quitte systématiquement. Je fais également attention au climat de travail. Par exemple, j’avais un poste important dans mon ancienne entreprise. Seulement, les conditions de travail laissaient à désirer. On a voulu m’imposer des objectifs, avec la manière de les atteindre, de surcroît. Ce qui m’a déplu.
Au bout de ces huit années, je peux dire que j’ai atteint la maturité en termes d’expérience professionnelle et de salaire. Seul un poste de “qualité” pourrait me faire changer, m’amener à nouveau à faire mes cartons.
Par ailleurs, j’estime que la mobilité bonifie un CV. Cet aspect est vraiment apprécié par les recruteurs. Un cadre, c’est aussi une sorte d’entreprise qui cherche à commercialiser son produit qui est son savoir-faire. Donc il faut juste savoir capitaliser sur ses différentes expériences.»

Ahmed Bichri
DRH dans un grand groupe
«Environnement de travail, carrière et salaire : trois points de vigilance quand je bouge»
«J’ai été très mobile durant ces quatre dernières années. J’ai travaillé dans trois entreprises différentes. A chaque fois, le challenge était différent. J’ai voulu passer d’une PME à une entreprise de taille moyenne, d’une entreprise nationale à une multinationale… mais toujours dans les ressources humaines. Des obstacles ? Pas vraiment. Je prends le soin à chaque fois de bien choisir les entreprises où je vais. Par exemple, pour passer à mon poste actuel, j’ai pris le temps de mûrir ma décision. L’enjeu était de taille. Gérer un effectif de plus de 300 personnes, c’est un challenge que je n’avais jamais connu auparavent. De même, je ne prends pas non plus de risques dans mes changements. Je fais attention à trois critères : d’abord, l’environnement de travail, une meilleure visibilité de carrière et finalement le salaire. La mobilité externe est également importante pour d’autres raisons. Elle répond à l’absence d’évolution en interne en termes de poste et de salaire.»

Larbi K.
Directeur de projet dans une agence de publicité
«On peut s’adapter facilement, à condition de savoir écouter»
«La mobilité ne me fait pas peur, qu’elle soit interne ou externe. D’ailleurs, mon parcours professionnel le prouve clairement. Ayant commencé ma vie professionnelle dans la banque, j’ai ensuite travaillé dans le secteur touristique pendant trois ans, toujours à l’étranger. J’ai occupé plusieurs postes dans le groupe qui m’employait. Ma formation économique et financière m’avait permis de pouvoir travailler aussi bien au sein du département financier qu’à la communication. Deux domaines qui peuvent paraître assez éloignés, mais je considère que l’on peut s’adapter facilement si l’on sait écouter. A mon retour au Maroc, j’ai poursuivi ma carrière dans la communication et, depuis 10 ans, j’en suis à mon troisième employeur, en ayant le sentiment d’avoir progressé à tous les niveaux. Mais en tant que salarié, je suis conscient qu’il y a des limites en matière de promotion du fait que nos agences sont de petite taille. Ma prochaine étape sera de me mettre à mon compte ou de m’occuper d’un département communication dans une entreprise très ambitieuse.».