Candidats – cabinets de recrutement : quelle relation développer ?

D’après une enquête du cabinet Invest RH, plus de 70% des répondants veulent plus de réactivité des cabinets de recrutement. Le manque de professionnalisme de certains consultants est aussi pointé du doigt.

La relation entre les candidats et les cabinets de recrutement est souvent ambiguë. Si les premiers estiment que ces agences doivent jouer leur rôle de placement comme l’Anapec, pour les seconds, il n’est pas question de jouer ce rôle. Leurs seuls et uniques clients sont les entreprises qui les mandatent pour trouver les bons profils.
C’est ce dont témoigne ce candidat : «J’ai contacté plusieurs cabinets de la place. J’ai toujours eu l’impression qu’ils voulaient en permanence démontrer que les postes qu’ils me proposaient correspondaient parfaitement à mes besoins. En réalité, ils ne cherchent qu’à satisfaire leurs entreprises clientes». Pour sa part, Karim B., autre candidat à l’embauche, estime que les cabinets ne font que gonfler leur CVthèque afin de la vendre aux entreprises. «Pour l’entreprise, il est plus rapide et plus économique de disposer d’une candidature extraite d’une base de données en temps utile plutôt que de passer des annonces».

Des attentes axées sur le feed-back et l’éthique
Khadija Boughaba, DG du cabinet Invest RH, tempère ce jugement. La relation n’est pas aussi austère qu’on le pense. «D’après l’enquête que nous avons menées auprès de 367 candidats, explique-t-elle, nous avons constaté que, généralement, les candidats en activité, âgés de 25 à 35 ans, ont davantage recours aux cabinets que les jeunes débutants. Ils aspirent avant tout à de nouvelles opportunités d’emploi et de conseil auprès d’experts. Les jeunes diplômés en quête d’un premier emploi, quant à eux, préfèrent passer des annonces sur Internet ou envoyer des candidatures spontanées».
Et quand on leur demande quelles sont leurs attentes vis-à-vis des cabinets, la liste de celles-ci est plutôt longue. Ils réclament d’abord plus de réactivité. «Généralement, les cabinets envoient des accusés de réception standard aux candidats dès la réception du CV par mail sans pour autant les informer sur la suite du traitement de la candidature.
Cela leur évite d’avoir à envoyer des réponses négatives», note un candidat. Abondant dans le même sens, un autre candidat déplore la longue attente d’une éventuelle réponse qu’il a endurée. «Il a fallu plus de trois mois pour qu’un cabinet me propose enfin un entretien. J’avais complètement oublié que j’avais déposé ma candidature chez eux. De plus, le consultant de l’agence a voulu me proposer un poste dans les ressources humaines alors que je suis spécialisé en marketing. C’était complètement déroutant», note t-il.
La directrice d’Invest RH souligne que ces observations reflètent la frustration des candidats. Ainsi, 78% des répondants de l’enquête menée par son cabinet souhaitent davantage de feed-back concernant leur candidature et ce, quelle que soit la réponse.

Les candidats souhaitent davantage de conseil
L’autre attente exprimée, et non des moindres, porte sur la transparence des offres et la déontologie des cabinets. «Souvent, les candidats n’ont pas d’idée précise sur le poste à pourvoir ou se voient proposer des postes qui ne collent pas à leur profil», renchérit la DG d’Invest RH.
Le manque de professionnalisme de certains consultants est également pointé du doigt. «Une consultante s’est montré méprisante à mon égard. J’ai passé plus de trois quarts d’heure à l’attendre avant qu’elle ne me reçoive, pour un entretien d’un quart d’heure, sans même s’excuser pour le retard», se plaint Hatim B. comptable dans une compagnie d’assurances.
Enfin, le conseil des experts est tout autant souhaité. Par exemple, tous les candidats n’ont pas les aptitudes comportementales idoines lors des entretiens. «Les candidats ont toujours besoin d’être conseillés sur le comportement à adopter afin de pouvoir séduire les entreprises», note Mme Boughaba. A cet égard, le consultant peut aider à mieux concevoir un CV, à cibler les entreprises, à répondre aux annonces, à argumenter et défendre ses idées…«J’ai la fâcheuse manie de mal préparer mes entretiens. En plus, je n’avais pas l’habitude de répondre à des questions sur mes aspirations, mes projections sur l’avenir. Le coaching d’un consultant m’a apporté ce plus qui me manquait tant. Cela m’a aidé à mieux préparer ma présentation. Et cela a marché à chaque fois que j’ai eu à passer un entretien», souligne Karim Berrada, cadre dans une société de services. Malheureusement, tous les candidats ne peuvent bénéficier de cette aide. Pourtant, un cabinet qui se veut dynamique et réactif, devrait toujours entretenir son vivier de candidats. Il doit donc toujours accueillir favorablement l’arrivée d’une nouvelle candidature, même si elle ne correspond pas à une demande du moment, et surtout si le candidat présente un profil rare. Cela lui permettra d’économiser du temps lorsque l’opportunité de le placer se présentera.