Business games : une nouvelle façon de détecter les talents

Les jeux proposés se veulent réalistes et proches de l’activité du recruteur. Ce sont des outils de recrutement parmi tant d’autres, ils ne sont jamais utilisés en exclusivité.

Business game, serious game, social game… Quelle que soit leur appellation, ces jeux ont un même objectif : proposer aux candidats des exercices pour dénicher les futurs talents de l’entreprise. Ce moyen de recrutement par le jeu, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à y croire. L’outil, ludique, a de multiples vertus : il parle le langage des jeunes, il améliore l’image de l’employeur et il permet de détecter certaines compétences. Qu’ils soient axés sur le marketing, la stratégie d’entreprise, la finance, ces jeux se veulent réalistes et proches de l’activité du recruteur, permettant ainsi de découvrir l’univers de l’entreprise. Adil Chaouki, responsable RH à L’Oréal Maroc, société qui a lancé depuis quelques années au Maroc son concours «Reveal by l’Oréal», s’en réjouit. «Plus qu’un effet de mode, les business games répondent à une nouvelle donne : accéder à une large population de candidats tout en véhiculant les valeurs et les métiers de l’entreprise», dit-il.
 

Ces jeux sont loin de briser les codes du recrutement

Pourtant, ces jeux d’entreprise ne datent pas d’hier. Déjà en 1997, Bouygues Construction avait lancé son business game où se mêlent des cas pratiques sur les métiers du bâtiment, travaux publics, énergie et services. Le concours s’adresse avant tout aux élèves ingénieurs et des grandes écoles de commerce en dernière année de formation. L’Oréal a une autre vision des choses. Son concours n’a pas de critère précis d’admission. «Nous avons une devise chez L’Oréal : on recrute des tempéraments. Nous avons la conviction que la diversité peut être un élément de performance. Le concours est ouvert à tous quel que soit le profil du candidat (sexe, appartenance religieuse et ethnique, statut social, niveau d’instruction…). Notre philosophie est de s’intéresser avant tout aux compétences personnelles de chacun, scrutées en ligne grâce à un outil d’évaluation. Il s’agit pour L’Oréal de détecter les meilleurs talents issus de tous horizons», précise M. Chaouki.

Toutefois, ces jeux sont loin de briser les codes du recrutement. Ils constituent avant tout un moyen innovant pour se rapprocher des jeunes, parler leur langage et garnir la base de données des potentiels collaborateurs. C’est un outil utilisé dans le processus de recrutement et non le seul. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises ne lient pas directement la participation à un jeu à la possibilité d’un recrutement. «C’est trop risqué de faire dépendre le recrutement d’un candidat de sa seule performance dans une compétition. Un bon score ne suffit pas à prouver une adaptation à un métier, une entreprise ou des valeurs. Un processus de recrutement répond d’abord à des exigences de poste liées aux profils des candidats», souligne Ali Serhani, consultant associé au cabinet Gesper Services. Malgré tout, il est bon de rapprocher les jeunes du monde de l’entreprise à travers une nouvelle approche plus ludique.

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