Aziz Taib : «Toute maladie doit être gérée sur le plan légal, managérial et humain»

même si le code ne fait mention, dans d’autres articles que des maladies professionnelles, une personne atteinte d’une autre affection qui n’exige pas d’arrêt prolongé peut toujours chercher protection auprès du médecin du travail pour trouver des aménagements de postes ou autre arrangement.

Toute maladie, professionnelle ou pas, doit être gérée sur trois plans : légal, managérial et humain ou social.
Du premier point de vue, je pense que le code du travail prévoit que le médecin du travail a un rôle préventif qui consiste à procéder sur les salariés aux examens médicaux nécessaires, notamment à l’examen médical d’aptitude lors de l’embauche et à éviter toute altération de la santé des salariés du fait de leur travail, notamment en surveillant les conditions d’hygiène dans les lieux de travail, les risques de contamination et l’état de santé des salariés.
Le texte précise que le médecin est aussi habilité à proposer des mesures individuelles telles que mutations ou transformation de postes, justifiées par des considérations relatives, notamment à l’âge, à la résistance physique ou à l’état de santé des salariés.

Le chef d’entreprise est tenu de prendre en considération ces propositions et, en cas de refus, de faire connaître les motifs de ce refus. En cas de difficulté ou de désaccord, la décision est prise par l’agent chargé de l’inspection du travail après avis du médecin  du travail.
Ces dispositions sont importantes. Le législateur se limite juste à la notion de santé, sans citer des causes précises. Ainsi, même si le code ne fait mention, dans d’autres articles que des maladies professionnelles, une personne atteinte d’une autre affection qui n’exige pas d’arrêt prolongé peut toujours chercher protection auprès du médecin du travail pour trouver des aménagements de postes ou autre arrangement.

D’un point de vue managérial, je pense que généralement les entreprises sont plus flexibles sur l’organisation de travail. Par exemple, j’ai eu à gérer un cas de diabète. La personne, qui était âgée, travaillait à Mohammédia. On a dû l’affecter à Casablanca pour éviter les navettes mais aussi pour pouvoir consulter périodiquement le médecin du travail. De même qu’on a procédé à l’aménagement des horaires de travail en réduisant ses heures de travail sans pour autant toucher à son salaire.
Enfin sur le plan social, je pense que la tolérance est la meilleure attitude à adopter pour sensibiliser les malades car les maladies bouleversent leur vie professionnelle.
Nous avons dans certains cas procéder à l’élargissement de l’assiette de cotisation à l’assurance maladie obligatoire à certains de nos retraités pour qu’ils puissent bénéficier de l’AMO même après leur retraite. Ce qui est non négligeable.