Anticiper en restant vigilant et lucide sur la situation réelle de son entreprise

Les signes d’une baisse d’activité se manifestent avant une décision de licenciement, il faut donc rester à  l’écoute pour éviter les mauvaises surprises.
Parfois, il est important de se faire accompagner par un expert pour ne pas s’enliser.

Un licenciement brutal ou un départ précipité d’une entreprise est moins facile à gérer qu’un licenciement économique dont on a eu connaissance quelques mois auparavant. Dans ce second cas, le salarié doit prendre la précaution de postuler pour d’autres emplois avant même que la décision ne soit confirmée. Plus on attend, moins on a de chances de s’en sortir, et parfois, il est difficile d’expliquer à un potentiel employeur une longue période d’inactivité dans un CV. Consultant en ressources humaines, Abdellilah Sefriou, qui a vu passer beaucoup de cadres en détresse, explique l’état d’esprit des victimes dans ces périodes de malheur et donne quelques clés pour éviter l’enlisement.

Personne n’est à l’abri d’un départ brusque. Comment mieux gérer la transition ?
Un licenciement économique est moins grave (en termes d’image pour le cadre) qu’un autre type de séparation. Il est généralement relayé par la presse ou par l’opinion publique. Généralement, les signes d’une baisse d’activité ou de crise se manifestent bien avant (quelques mois) le plan de départ effectif. Le cadre doit rester vigilant et lucide sur la situation réelle de son entreprise. Ceci lui permettra d’anticiper toute évolution de ce genre au lieu de la subir. Cette préparation consistera à postuler à temps pour d’autres entreprises, à mobiliser les contacts éventuels de sa hiérarchie pour d’éventuelles recommandations, à se préparer en faisant un bilan de compétences, à se former sur des thèmes qui augmenteront son employabilité, à prendre ses dispositions matérielles pour mieux gérer financièrement la période de transition.

Rencontrez-vous fréquemment des candidats qui cherchent un emploi après avoir été subitement «contraints» de quitter leur ancienne entreprise ?
Hélas oui, plus particulièrement durant ces derniers mois. Je connais des cadres, avec une expérience confirmée, qui sont à la recherche d’un emploi depuis plus de huit mois.

Comment vivent-ils ces périodes de chômage ? Arrivent-ils rapidement à se replacer ?
La pression de la société, de la famille, les créances en cours…, tous ces facteurs sont mal assumés du fait que dans la majorité des cas on se croit éternel dans une fonction, dans une entreprise. Donc l’effet de surprise accentue le phénomène de déstabilisation. Nous rencontrons généralement des candidats dégoûtés et désespérés, qui broient du noir… Dans de telles situations, nous mettons beaucoup de temps et d’énergie dans les entretiens pour que le candidat retrouve ses ressources.

Ces périodes d’inactivité constituent-t-elles un handicap pour les candidats ?
Ces périodes d’inoccupation, pour peu qu’elles durent pas plus de 2 à 6 mois, ne sont pas graves et les futurs employeurs comprennent volontiers ce genre de situation et admettent ces «trous».

Est-ce le moment de solliciter des conseils pour améliorer ses supports de candidature ?
Lorsqu’on est dans ce type de situation, on a besoin d’être accompagné par des spécialistes, lorsqu’on a les moyens de les payer évidemment, pour éviter de perdre ses points d’équilibre.