Annoncer une décision impopulaire : Avis de Khadija Boughaba, DG d’Invest RH

La pression était forte lorsqu’il a fallu gérer un plan social

Le plan social, effectué il y’a plus de 15 ans par mon ancienne entreprise, aura été pour moi une expérience marquante. Près de 400 salariés ont été concernés par l’affaire. En tant que responsable ressources humaines à l’époque, j’avais participé à sa mise en œuvre et son déroulement qui a duré plusieurs mois. Le plus pénible ? C’était de leur faire comprendre qu’ils ne faisaient plus partie de l’entreprise. Déjà à travers leur regard, vous lisez leur inquiétude : Qu’allons-nous devenir ? C’est quelque part leur dignité qui prend un coup.

De plus, on éprouve un sentiment de culpabilité. Il fallait identifier la liste des «partants». Ensuite, il a fallu prendre le soin de discuter avec chacun, rassurer, réconforter… Lors des entretiens, le choix des mots était difficile.
Dans de telles situations, il faut également se renseigner sur des retours d’expérience dans d’autres sociétés qui ont vécu la même situation. Prendre des décisions, surtout de replacement ou de licenciement, demande beaucoup de tact et je pense que dans ces cas il faut s’entourer d’autres avis.

Cette expérience m’a permis d’en tirer des enseignements. A commencer par une réelle prise en compte de la gestion des ressources humaines. On ne gère pas des hommes comme des machines, une gestion prévisionnelle devrait prendre toute son ampleur pour ne pas revivre de telles expériences. Sur le plan humain, j’ai appris à mieux appréhender ce genre de situations.