«La situation actuelle du marché de l’emploi ne doit pas pousser à  la remise en question du Programme 10 000 ingénieurs»

Avis d’experts : Mounir Essaygh, DG de M2M

La crise mondiale n’a pas beaucoup impacté la dynamique de l’emploi dans notre secteur pour la simple raison que le marché marocain est émergent, porteur et attractif.
Par contre, il faut reconnaître que le climat d’incertitude qui règne au niveau international a entraîné au niveau du pays un double effet. Le premier est la stabilisation des salaires des ingénieurs surtout ceux qui sont fraîchement diplômés. Le deuxième effet est l’affaiblissement du turnover au niveau des entreprises et des sociétés de service informatique et d’ingénierie. Ce sont des points positifs de la crise. Néanmoins, il faut souligner que la pression sur les salaires des ingénieurs et professionnels en Tic expérimentés reste importante. C’est le cas, à titre indicatif, des ingénieurs commerciaux, surtout dans les services.

En ce qui concerne nos perspectives de développement, je dirais que nous travaillons dans un domaine pointu, notamment sur les projets e-gov et le paiement électronique. Et donc, nous avons un business plan sur 5 ans avec des projets de recrutement de commerciaux, technico-commerciaux et techniciens.

Sur le marché, il faut dire que le besoin se fait sentir davantage pour les profils expérimentés, immédiatement opérationnels et qui sont en mesure de faire face à la gestion des projets et différents chantiers informatiques. Le marché de l’emploi est encore en déficit concernant cette catégorie de ressources hautement qualifiées capables de créer un avantage compétitif pour l’entreprise.
Je pense que ces différentes tendances vont continuer et que la situation du marché actuel de l’emploi ne doit pas pour autant pousser à la remise en question du Programme 10 000 ingénieurs.
Au contraire, le pays a intérêt à capitaliser sur ce choix stratégique pour investir davantage dans la formation des ressources humaines et des jeunes dans le domaine des TIC.  Ce choix s’avère crucial pour consolider la compétitivité du Maroc en tant que zone de plus en plus attractive dans le domaine de la sous-traitance et du développement informatique.

A long terme, l’aboutissement de ce programme est une mesure efficace pour éviter la tension sur le marché de l’emploi.
D’autant plus qu’il est important d’avoir une adéquation entre l’offre et la demande sinon l’on risque d’avoir une offre de compétences supérieure à la demande, ce qui n’est pas bon pour les ingénieurs qui se retrouveront sans emploi.
Sur l’aspect des salaires, comme je l’ai signalé précédemment, le niveau des rémunérations évolue honorablement et on arrive à retenir les compétences.

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