Absentéisme au travail : Questions à  Mustapha Sekkat, DG du cabinet Leadership RH

«La vraie raison de l’absentéisme est la perte d’envie de travailler»

Comment analysez-vous les absences (volontaires ou involontaires) de manière générale ?

L’absentéisme est à prendre très au sérieux. Le règlement intérieur doit être clair sur les mesures à prendre pour tout type d’absence. Car toute absence non programmée, quelle qu’en soit la raison, porte préjudice à l’entreprise. C’est un coût réel et c’est une source de dysfonctionnement qui produit des effets négatifs sur les relations de travail. Il y a toujours de bonnes mauvaises raisons de s’absenter ou de mauvaises bonnes raisons de s’absenter sans prévenir.
Ceci dit, les raisons sont assez diverses. J’en citerai quelques- unes : maladie, accident de travail, garde des enfants, démarches administratives, maladies de proches, décès de proches, difficultés à se réveiller le matin, fatigue…  Mais la raison la plus répandue et qui se cache derrière toutes celles que j’ai citées, c’est la perte d’envie de se présenter au travail.
   
Quand peut-on parler d’abus ?

Sur ce sujet et par expérience, toute absence non justifiée, qui n’est autorisée ni par le règlement intérieur ni par le code du travail, est abusive. Les retards, même petits, sont des absences qui coûtent très cher aussi à l’entreprise. C’est  plus pernicieux que les absences franches.

Quels sont les indicateurs à mettre en place pour suivre leur fréquence ?

Il y a un taux un peu généraliste: heures d’absence pendant une période P / heures théoriques de travail pendant la même période P. Ce taux, rapporté à une moyenne annuelle par salarié, donne une indication sur l’absentéisme par rapport à des moyennes pays. Le plus important est de suivre le nombre de jours de travail perdus. Cela permet de bien valoriser la perte et de prendre des mesures concrètes.   

Quelles sont en général les mesures à prendre pour les limiter ?

Plusieurs mesures sont au menu. Les plus efficaces sont celles qui permettent de prévenir l’absentéisme. Le traitement de l’absentéisme lui-même n’est réellement efficace que quand il s’adresse de manière ferme aux cas les plus abusifs.
La prévention, c’est l’amélioration continue et concertée des conditions de travail et managériale au sein de l’entreprise. Les conditions de travail à risques et très peu ergonomiques, le manque d’écoute, la méconnaissance des préoccupations personnelles des salariés, un management très peu bienveillant, des relations de travail tendues, etc, ne sont pas de nature à donner envie de travailler ou à aller au travail.
Propos recueillis par B.H.