Absentéisme au travail :Avis de Khalid Lahbabi, DRH CMCP-International Paper

Plus le niveau d’engagement est élevé plus l’absentéisme baisse.

Il est nécessaire de considérer avec beaucoup d’importance le sujet de l’absentéisme au travail car cela permet de décoder et interpréter plusieurs dimensions du fonctionnement de nos organisations. Quelle que soit la cause d’une absence, il y a toujours une leçon à en tirer. C’est un indicateur de performance qui est suivi parce qu’il y a des coûts associés, ceux que l’on voit comme les coûts salariaux ou de remplacement et ceux qui sont moins visibles, liés aux dysfonctionnements et à l’efficacité, qui détériorent la performance globale.
Je parlerais d’abus dès lors qu’un collaborateur passe en état de désengagement ou est déjà désengagé. Si je me réfère aux études de Gallup, la corrélation entre l’engagement des collaborateurs et l’absentéisme est démontrée : plus le niveau d’engagement est élevé plus l’absentéisme baisse.

De manière générale, ceux qui décrochent utilisent toutes sortent d’artifices pour justifier leurs absences. Cela se traduit par de fausses maladies justifiées par un certificat de complaisance, par des retards répétés… Dans le cas CMCP-International Paper, ces pratiques se limitent à quelques cas isolés. Bien évidemment, nous sommes satisfaits d’avoir un taux d’absentéisme hors congé de maternité relativement bas. Nous suivons particulièrement les causes de l’absence. En cas de soupçon d’abus, nous avons les moyens de revenir sur la fréquence et la durée moyenne. Ainsi, la première mesure que je recommande, c’est d’avoir une gestion administrative des absences assez rigoureuse avec des règles de comptabilisation qui accompagnent les définitions retenues sur ce sujet et d’avoir un système statistique qui donne du sens aux différentes décisions qui seront mises en place. Le sujet est très sensible et toute mesure doit avoir sa légitimité.

La deuxième mesure à prendre est de faire de l’entreprise un espace où il fait bon de travailler. Cela passe par un travail sur l’implication des collaborateurs qui va refléter le niveau du leadership à tous les niveaux de l’organisation et de la cohérence entre les différents outils de gestion mis en place.

La troisième mesure est la prévention. D’abord instaurer une véritable culture de sécurité au sein de l’entreprise, en faire une valeur. Les activités de médecine du travail jouent un rôle important dans la prévention. Puis, minimiser l’exposition aux maladies saisonnières à travers le renforcement des règles d’hygiène et, quand c’est prescrit, encourager la vaccination. Cette prévention doit être élargie à la prévention routière car les accidents durant les trajets sont fréquents.