Abdelilah Sefrioui : «la fonction RH doit accompagner le développement des collaborateurs»

Abdelilah Sefrioui, Consultant RH et DG du cabinet Axe RH.

En cette période de crise, la tendance est à la réduction drastique des budgets RH. Tout y passe : la formation, le recrutement et même le conseil RH… Les ressources qui restent sont allouées généralement à la mise en place d’un système d’information qui est la porte d’entrée à l’amélioration de la performance RH.

Nous sommes dans un marché qui change et un environnement qui ne cesse d’évoluer. Les entreprises n’ont pas d’autres choix que de s’adapter. Leur rôle consiste à savoir réagir et modifier les démarches et les process RH pour les faire progresser au même rythme.
Aujourd’hui, on ne peut plus vivre en autarcie, les entreprises sont obligées de s’ouvrir sur leurs marchés et d’aller chercher les meilleures pratiques issues des expériences vécues ici et là.

Enfin, les difficultés de gestion RH vont s’amplifier face à ces nouvelles contraintes :
– le client est devenu très exigeant ;
– l’entreprise est devenue très exigeante vis-à-vis de ses salariés ;
– le collaborateur est devenu très exigeant vis-à-vis de son employeur.
Les enjeux RH à l’avenir prendront une autre dimension.

Le premier enjeu est celui de la dimension sociale. Les entreprises qui s’en sortent sont celles qui ont conscience du rôle de régulateur de tension sociale. Aujourd’hui, on constate que certains secteurs font le ménage, mais beaucoup de DRH n’ont pas le niveau de conscience requis de ce qui est attendu d’eux durant ces périodes difficiles. Développer l’engagement, la motivation et l’implication des salariés dans un contexte d’inquiétude, de crise ou d’après-crise est plus que nécessaire. Cependant, la mobilisation des salariés nécessite que les entreprises s’engagent de façon pertinente et crédible dans tous les domaines RH.
Le deuxième enjeu, c’est aussi celui de la conduite du changement. Parce que l’entreprise se réorganise constamment, il est important de veiller à la préservation de la sécurité et du bien-être des salariés.
Le troisième point est que le recrutement n’est plus chose facile comme par le passé. Pour attirer les talents et les convaincre, le processus nécessite d’être revu et reconstruit. L’entreprise doit surtout avoir une politique et une stratégie claire et transparente pour pouvoir les fidéliser.
La fidélisation est le résultat de la motivation permanente du collaborateur, et c’est un autre enjeu important autour duquel les dispositifs RH doivent être renforcés.
Autre chantier, c’est de préparer et former les managers de demain. Il  s’agit, au-delà des outils, de leur faire acquérir les comportements managériaux appropriés. C’est le défi de la relève.