1962 : Peu d’affaires dans la corbeille

Il y a 60 ans, le volume annuel des transactions à la Bourse de Casablanca se situait aux environs de 20 millions de dirhams. Soit 14 millions de moins qu’en 1961 et moins de la moitié qu’en 1960.

Le mois le plus actif aura été février avec 2.821 mille dirhams, le plus calme, septembre avec 726 mille dirhams. Les échanges sur le marché de l’or n’ont porté que sur 4,5 millions de dirhams contre plus de 10 millions en 1961 et près de 18 millions en 1960.
Au 31 décembre 1961, l’indice général des valeurs se situait à 104 (base 100 fin 1960). Après un premier trimestre hésitant (103 en janvier, février et mars), le marché s’est trouvé fermement orienté et l’indice porté à 109 après une pointe à 110 en juin, légère baisse à 108 en octobre puis grâce surtout à la fermeté du compartiment des transports (137 contre 108), on atteignait en novembre l’indice record de 113. La forte baisse du groupe «Commerce» (182 contre 208) ramenait les cours au niveau de l’année précédente à 105.
Cinq compartiments sont en hausse par rapport à l’an passé. Les banques (102 contre 87), les immobilières (137 contre 131), les transports (141 contre 86), les industries diverses (124 contre 113) et le commerce (182 contre 159), les alimentaires sont inchangées à 88, tandis que les sociétés de portefeuilles (73 contre 75), les Eaux et électricité (91 contre 93) et surtout les minières (55 contre 96) terminent en baisse.

Assurances : L’empire seule valeur cotée
Ce compartiment a été cette année extrêmement délaissé. Une seule valeur s’est mise en évidence, la Banque Commerciale du Maroc qui a plus que doublé en un an, en passant de 75 à 155 au plus haut pour clôturer à 145. Autre hausse importante, mais pratiquement dans le vide, puisque les transactions furent extrêmement rares, celle de la BIAN qui, à fin 1961, valait 70 environ et dont les cours extrêmes ont été cette année de 89 et 82.
La baisse de la BNCIA, qui est à 61 contre 68, n’a pas empêché la hausse importante de l’indice de ce compartiment qui est passé de 87 à 102 après une pointe à 108 en septembre et octobre et un passage à 83 en janvier. La seule valeur d’assurances cotées officiellement sur notre marché, l’Empire est toujours aussi bien guidée, les cours extrêmes étaient en 1961, 57-54 et en 1962, 58-55. L’introduction de DIAC Maroc a été très remarquée. Introduite à 55, l’action a été poussée jusqu’à 76 et termine très soutenue au niveau de ce cours.

Balima, 15 DH de dividende
Certaines valeurs de ce compartiment ont cette année, encore, été très recherchées. Il est vrai que les dividendes alloués par certaines sociétés avaient de quoi satisfaire les plus difficiles.
La Société financière marocaine a distribué 12,50 DH à ses actionnaires. Rapport sur la base du plus haut cours 30%. Les détenteurs d’actions Balima ont dû se «contenter» de 15 DH. On clôture à 149 contre 127 il y a un an. Sifiche qui n’a pas distribué de coupons cette année est retombée à 20 contre 35. Grâce surtout à Balima, l’indice se situe maintenant au plus haut à 137 contre 131 (plus bas en 1962, 128).

Ona en baisse
La hausse de la Financière et industrielle générale du Maroc (80 contre 72), la bonne tenue de la Compagnie Marocaine et de Somavam (ex-Sopacof) ont compensé la faiblesse de l’Omnium Nord Africain qui ne s’est trouvé que rarement au-dessus de son niveau de décembre 1961 et clôture à 38 contre 46. Rappelons qu’en 1961, cette valeur a coté 77,50.
L’évolution de l’indice de ce compartiment apparaît hésitante devant le premier semestre (72 contre 75) puis on enregistre une vive reprise en août à 83 qui coïncide avec la remontée de l’ONA à 56, ce titre ne cessera plus depuis de baisser et l’indice se retrouvera à fin décembre à 73. La principale caractéristique de ce compartiment a été la baisse sensible de l’activité pour la première fois cette année, on a pu voir des titres comme l’Energie Électrique du Maroc ou la S.M.D. demeurer de nombreuses séances sans être échangés. On termine très près des derniers cours de l’an passé, l’Energie à 29,10 contre 30 et la S.M.D à 44 contre 45. Il a fallu attendre décembre pour voir pour la première fois l’indice tomber à un niveau inférieur à celui de l’an passé (91 contre 93), la S.M.D avait été très ferme en août et l’indice avait même atteint le cours record de 106.