Prêts aux étudiants : Une offre qui manque d’attractivité

Pas plus de 1800 étudiants marocains ont eu recours au crédit pour financer leurs études supérieures.

Le produit «Enseignement Plus» garanti par Tamwilcom a bénéficié à 1800 étudiants depuis son lancement. L’enveloppe globale des crédits bancaires mobilisés a totalisé 233 MDH. Peu d’étudiants recourent au financement bancaire, lui préférant les fonds propres.

Le cursus universitaire d’un étudiant est parsemé d’embûches. Une fois le Bac en poche, une multitude d’options s’offrent aux étudiants, que ce soit dans des écoles et universités publiques ou privées, au Royaume comme à l’étranger. Au Maroc, les frais de scolarité et d’inscription s’élèvent d’année en année et la contrainte de financement se pose donc avec acuité. Le coût final peut aller du simple au double, dépassant même les 500 000 DH.
Globalement, les parents puisent dans leurs économies; les plus avertis constituent un plan d’épargne depuis la naissance de leurs enfants pour justement faire face à ce type de dépenses. Pour simplifier la vie aux étudiants, les banques ont mis en place, depuis quelques années, des offres destinées au financement des études supérieures. Le gros de ces offres est scellé en partenariat avec des écoles, et avec la garantie de Tamwilcom (ex-CCG). En effet, depuis 2008, l’institution a déployé une offre «Enseignement Plus» destinée à faciliter l’octroi de prêts bancaires aux étudiants inscrits au niveau des instituts et des écoles supérieures de l’enseignement privé pour le financement, total ou partiel, des frais d’inscription et de scolarité.

Manque d’attractivité
Ce crédit finance des formations dont la durée peut atteindre 5 ans à raison de 50 000 DH au maximum par année d’étude, soit un plafond global de 250 000 DH. Le crédit peut être remboursé sur une durée maximale de 12 ans incluant un différé pouvant aller jusqu’à 6 ans. Quand bien même cette offre pourrait paraître intéressante et résoudre les problèmes de financement, elle n’a pas attiré grand monde. Selon Tamwilcom, depuis son lancement, le mécanisme a permis à plus de 1 800 étudiants de financer leurs études supérieures, dont certains ont déjà intégré la vie active. Il a ainsi mobilisé une enveloppe globale des crédits bancaires de 233 MDH. En moyenne, ce sont 16,6 MDH qui ont été octroyés durant chacune de ces 14 dernières années, pour 128 étudiants seulement. Yasmina Benamour, directrice générale de HEM, confie: «Seule une minorité fait appel au financement bancaire. Nous n’avons pas encore au Maroc un système de crédits études réellement attractif et adapté à la cible». C’est le cas aussi d’autres écoles supérieures contactées, qui soulèvent le manque d’attractivité de ce système de financement et avancent que presque 99% des étudiants recourent à l’auto-financement. Certaines autres ne préfèrent même pas proposer cette solution au vu des différents tracas de gestion que ce produit de financement pourrait générer.

Tracas de gestion
En face, Tamwilcom estime que le produit a atteint correctement ses objectifs en servant la population cible qui a été définie. «Néanmoins, la demande aujourd’hui a des attentes plus larges en matière de choix des établissements de formations éligibles (intégration des établissements de la formation professionnelle et d’établissements publics proposant des formations de 3e cycle payantes) et de durée et de crédit sollicité (formation pouvant atteindre 6 ans)», apprend-on auprès de l’institution.
Si le financement passait essentiellement par les banques, HEM a innové en nouant un partenariat avec la société de crédit à la consommation Sofac. Il s’agit d’un crédit contracté par le parent, allant jusqu’à 87 000 DH par an, remboursable sur une année avec un différé d’un mois, au taux de 5% HT. «Cette formule présente deux avantages pour le parent : le 1er est que ce dernier dispose d’une manière de mensualiser les frais d’études de son enfant à HEM. Le 2nd réside dans la possibilité de prendre le crédit uniquement pour une seule année ou son renouvellement annuellement, en fonction de ses moyens», explique Mme Benamour.

Les banques proposent d’autres formules de financement

Au delà du prêt «Enseignement Plus» garanti par Tamwilcom, toutes les banques de la place déclinent une offre pour financer les études supérieures. Chaque banque va de sa propre partition et émet ses propres règles tant au niveau du remboursement, du taux d’intérêt ou encore du différé. Certaines vont jusqu’à offrir la gratuité des frais de dossier, au moment où d’autres proposent de financer le matériel informatique.
Cela est le cas de la Société Générale Maroc qui propose le prêt Bank-in destiné aux étudiants et jeunes actifs, de moins de 30 ans, souhaitant financer l’acquisition de leur équipement informatique (ordinateur, imprimante…). CIH, de son côté propose le crédit “Elan Sup” et “Elan Sup +”. Le 1er destiné aux étudiants, jeunes actifs ou parents et permet de financer les frais de scolarité à des conditions avantageuses. Le second permet de financer le reliquat des frais de scolarité au-delà des 50000 DH/an. De plus, “Salaf Afaq” est réservé aux étudiants désirant poursuivre leurs études à l’étranger. Il est destiné au financement des frais de scolarité, l’allocation de départ, ainsi que les frais de loyer.

 

Enseignement Plus : Critères d’éligibilité

Les étudiants pouvant bénéficier du mécanisme de financement «Enseignement Plus» de Tamwilcom doivent remplir plusieurs conditions : être de nationalité marocaine et avoir au plus 25 ans au moment du dépôt de la demande du crédit bancaire. Il faut également être inscrit auprès d’un institut ou école supérieure de l’enseignement privé, reconnu par l’Etat, dans l’une des filières: gestion des entreprises, économie et finance, expertise comptable, communication et marketing, ou encore les filières d’ingénierie, de la santé, les filières scientifiques ou juridiques universitaires, l’architecture et les classes préparatoires.