Loi-cadre de l’enseignement : la leçon des bacheliers de la filière internationale

Alors que le PJD continue de s’opposer à l’enseignement des matières scientifiques en français, les bacheliers de la filière internationale raflent la mise.

Cela fait trois mois que le projet de loi-cadre relatif à la réforme de l’enseignement est bloqué à la première Chambre. Tout le monde sait que c’est le PJD, qui refuse l’enseignement des matières scientifiques en français, qui est à l’origine de ce blocage. Entre autres argumentaires, à part bien sûr la question identitaire dont il fait son fonds de commerce, le parti islamiste avance les difficultés d’apprentissage de ces matières dans une langue outre que l’arabe. Or, les nouveaux bacheliers viennent de démontrer le contraire. Sur les 16 lauréats qui ont eu les dix premières notes à l’échelle nationale, 12 sont issus de la branche Bac international, option français. Soit trois bacheliers sur quatre. Ce qui n’est pas peu. Bien plus, cette même filière présente le taux de réussite le plus élevé, 94,7%, pour un taux global d’un peu plus de 65%. En d’autres termes, sur cent élèves de la filière internationale (option français), à peine 5 ont raté leur bac.

Notons par ailleurs que le nombre des bacheliers de cette branche a connu une progression de près de 40% par rapport à l’année dernière. Des chiffres qui auraient pu faire entendre raison à ceux qui bloquent aujourd’hui le projet de loi-cadre pour des raisons qui n’ont aucun lien avec la pédagogie et avec l’intérêt et l’avenir de l’école publique et des élèves. Le PJD n’a-t-il pas bloqué auparavant deux autres projets de loi, relatifs à l’amazigh et au Conseil national des langues, pour plus d’une année à cause justement de cette question de langue étrangère et de l’alphabet tifinagh? N’a-t-il pas fini par voter les deux textes sans crier gare et sans que rien n’ait été changé dans les deux projets de loi ?

Le temps presse. Le parti islamiste est donc appelé à revoir sa position. C’est un nouvel appel lancé, notamment par le RNI depuis Ouarzazate où il tenait vendredi une réunion ordinaire de son bureau politique. «Nous souhaitons à travers le dialogue que ce blocage qui touche particulièrement le volet de l’apprentissage des matières scientifiques en langues étrangères soit levé et ce, dans l’intérêt de l’éducation de nos enfants et des générations futures ainsi que du Maroc et de son ouverture», a notamment affirmé le président du parti, à l’issue de cette réunion.