Etudes universitaires : Entre mutations et défis

La tutelle veut redonner à l’université son rôle central en tant que pilier de la compétitivité globale de l’économie nationale. Quatre orientations stratégiques: l’excellence académique, les territoires de l’innovation, l’excellence opérationnelle & gouvernance 4.0, ainsi que la recherche scientifique.

La rentrée 2022-2023 est placée sous le signe de la refonte de l’université marocaine ! En effet, le département de l’enseignement supérieur apporte les fine tuning pour un déploiement imminent de la réforme. C’est la grande annonce de cette rentrée faite au début de ce mois par le ministère de tutelle. A en croire ses déclarations, les contours de tous les axes du Pacte Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE ESRI 2030) ont été validés.
A l’origine de cette mini-révolution dans l’université, un constat de départ : plusieurs dysfonctionnements existaient dans le système Bachelor selon l’avis du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Plus en détail, la création de ce système de Bachelor ne s’était pas appuyée sur le cahier des normes pédagogiques nationales.
Décision de la tutelle: mettre fin à ce système et de continuer à adopter le système de licences, tout en veillant à son amélioration.
Il faut dire que cette refonte n’est pas un luxe mais une nécessité. Pour le département de tutelle, les défis actuels et futurs – découlant des mutations structurelles du contexte national et international – nécessitent la préparation d’un capital humain qualifié et le développement des capacités dans le domaine de la recherche scientifique et de l’innovation.
En vue de baliser le terrain à cette mue, la tutelle fait depuis quelques mois le tour des régions pour associer les territoires à la réforme : 12 assises régionales ont été organisées. L’objectif est de discuter autour des voies pour faire éclore une université rénovée, durable et adaptée aux besoins des étudiants et des territoires, afin de consacrer l’inclusion socioéconomique, la compétence et l’excellence universitaire. Autrement dit, à travers le nouveau Pacte ESRI, le ministère veut redonner à l’université son rôle décisif en tant que pilier de la compétitivité globale de l’économie nationale en fonction des quatre orientations stratégiques du pacte, à savoir l’excellence académique, les territoires de l’innovation, l’excellence opérationnelle et gouvernance 4.0, ainsi que la recherche scientifique.
Et pour mener à bien le déploiement des chantiers de la réforme, le département de l’Enseignement supérieur ne chôme pas. Le 2 septembre, Abdellatif Miraoui s’est réuni avec le Chef du gouvernement. «C’est une excellente réunion qui a duré deux heures et demie et qui a permis de valider les contours de tous les axes du Pacte ESRI 2030», a affirmé le ministre. Au volet du déploiement effectif des premières actions pour cette rentrée universitaire, le ministre affirme que tous les projets liés à l’enseignement supérieur ont été discutés avec le Chef du gouvernement, mais il reste encore quelques retouches à faire. «La réussite de la réforme est dans la gouvernance, le statut et la pédagogie de la recherche. Nous travaillons sur tous les axes», estime-t-on auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Il est également à souligner que la tutelle prévoit d’organiser après la fin de cette tournée des régions des Assises nationales avant le déploiement du pacte. Sur le terrain, les opérateurs mettent les bouchées doubles pour réussir la rentrée. Selon eux, les préparatifs se déroulent sous de bons auspices. Déjà, la fin de la contrainte du contexte pandémique les libère d’un grand fardeau.
Ecoles, instituts et universités apportent les derniers réglages pour leurs campagnes d’inscription dans l’espoir de recruter le plus grand nombre. Pour cela, ils présentent des argumentaires nuancés mais dans l’ensemble axés autour de la vie estudiantine en campus, la qualité de l’enseignement prodigué, l’expertise du corps professoral, les nouveaux cursus des métiers du futur et des spécialités pointues, les modules axés sur le développement des soft skills, les passerelles existantes pour les diplômés, les possibilités d’échange avec des organismes internationaux, et le taux d’insertion des lauréats dans le monde professionnel, etc. ( voir interviews des opérateurs de l’écosystème).

 

Insérer l’université dans son environnement socioéconomique

Plusieurs conventions destinées à promouvoir l’excellence académique et scientifique ont été signées dans les régions lors des Assises régionales du Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur (Pacte ESRI 2030).
La signature de ces conventions de partenariat rassemblent les pôles universitaires régionaux, les acteurs, économiques et sociaux des régions où les annales régionales ont été tenues. Dans le souci de stimuler l’inclusion économique et la compétitivité, plusieurs accords ont été signés entre les universités, d’une part, et des acteurs socioéconomiques, d’autre part.