Enseignement : Prêts aux étudiants, l’offre est assez large

C’est en 1988 qu’ont été lancées les premières offres de crédits dans ce sens, à travers la Banque marocaine du commerce et de l’industrie et la Banque Populaire, pionnières dans le domaine.

La demande émane surtout de la classe moyenne et des étudiants de l’enseignement privé.

A défaut de revenus suffisants pour financer les études supérieures de leurs enfants, de nombreux parents recourent de plus en plus aux prêts bancaires. Conscients de l’enjeu majeur que représentent les études supérieures pour assurer l’avenir de leur progéniture, des centaines de parents y recourent chaque année, que ce soit pour accéder à des écoles privées marocaines ou étrangères. Hormis les établissements publics qui offrent un enseignement gratuit, et encore…, et qui offrent des bourses pour quelques-uns, ce sont essentiellement les catégories issues de la classe moyenne et la classe moyenne supérieure qui contractent le plus les prêts. D’ailleurs, la mise en place d’un dispositif d’intermédiation financière donnant accès aux prêts étudiants ne date pas d’aujourd’hui. C’est en 1988 qu’ont été lancées les premières offres de crédits dans ce sens, à travers la Banque marocaine du commerce et de l’industrie et la Banque Populaire, pionnières dans le domaine. Le taux appliqué était de 13% à la naissance du produit. Cependant, bien que le recours à ce genre de financement ne date pas d’hier, ce n’est que ces dernières années que le panel d’offres destinées aux étudiants et à l’accompagnement de leurs études s’est diversifié. Il y a 10 ans, c’était toujours ces mêmes banques, auxquelles s’est ajoutée la Société Générale, qui octroyaient ces crédits avec néanmoins des formules moins variées et moins avantageuses.  Au vu de la demande grandissante, les banques de la place ont dû céder et tout le monde y trouve son compte finalement. Par ailleurs, accorder un crédit aux étudiants d’aujourd’hui, constituant les jeunes cadres de demain, permet certainement de les fidéliser en tant que salariés par la suite. Une aubaine pour ces établissements qui gagnent généralement de bons clients conquis grâce à leur passage par la case prêts étudiants. Il faut toutefois souligner que l’implication des pouvoirs publics pour inciter les banques à développer des prêts pour le financement des études y est pour beaucoup. En effet, depuis septembre 2007, l’Etat a mis en place un fonds de garantie dénommé «Enseignement Plus», destiné à garantir les prêts bancaires octroyés aux étudiants inscrits aux instituts et écoles supérieurs de l’enseignement privé, pour le financement d’une partie ou de la totalité des frais d’inscriptions et de scolarité.

Le taux d’intérêt est compris entre 6,5 et 7%

Le but étant d’encourager le secteur de l’enseignement supérieur privé au Maroc et de soutenir les objectifs tracés par les pouvoirs publics en matière de formation, notamment dans les métiers de l’ingénierie. De ce fait, les banques précitées ont pu élargir leurs offres de produits avec l’introduction de ce mécanisme de garantie comme les prêts pour des stages à l’étranger, aux 3e cycles et aux dépenses annexes des étudiants. D’ailleurs, en 2013, l’offre de financement de la Caisse centrale de garantie (CCG) a été améliorée pour soutenir la formation de ressources humaines de qualité et renforcer l’accès des jeunes à la solidarité. Par ailleurs, on peut noter deux améliorations majeures. D’une part, le plafond du crédit destiné exclusivement au paiement des frais d’inscriptions et/ou des frais de scolarité, a été fortement relevé, passant de 100 000 à 250 000 dirhams, à raison de 50 000 dirhams par an. Ce plafond plus avantageux permettra à l’étudiant de mieux faire face au coût de financement de ses études, sachant que dans les meilleures écoles, il faut compter environ 50 000 dirhams par an de frais d’inscription. Il faut noter que le déblocage du prêt se fait directement par la banque au profit de l’établissement d’enseignement supérieur privé. D’autre part, la période du différé de remboursement a été revue à la hausse pour atteindre 6 ans contre 5 ans auparavant. Ce qui porte la durée maximale du remboursement du prêt consenti par la banque à 12 ans dont le différé peut soit porter sur le principal uniquement, ou intégrer les intérêts également. La garantie CCG couvre jusqu’à 60% du remboursement du principal du prêt accordé, soit 150 000 dirhams.

Pour rappel, sont éligibles au fonds de garantie «Enseignement Plus», les étudiants de nationalité marocaine âgés de moins de 25 ans au moment du dépôt de la demande de crédit bancaire et justifiant d’une inscription auprès d’un institut ou d’une école supérieure de l’enseignement privé, reconnus par l’Etat. Plusieurs filières sont concernées par cette couverture, notamment l’ingénierie de l’information et des télécommunications, l’ingénierie  électronique, mécanique et électrique, l’ingénierie financière, l’expertise comptable et la gestion des entreprises. Par ailleurs, la prime CCG pour le prêt Enseignement Plus est de 1,5% HT du capital garanti, prélevée sur chaque déblocage du crédit et ce sont bien entendu les banques qui feront l’intermédiation entre l’étudiant demandeur et la CCG. Quant aux banques de la place qui commercialisent ce type de prêt, leur taux d’intérêt est compris entre 6,5 et 7%, et offrent toutes une formule «Enseignement Plus» assurée par la CCG.

La Société Générale, pour sa part, propose sa formule « Etudes Banky » pour les études au Maroc comme à l’étranger. Ce produit est décliné en deux types de financements. Les «frais de scolarité» qui peuvent atteindre 50 000 DH par an, voire plus si nécessaire, et le «Financement du coût de la vie» qui permet d’emprunter jusqu’à 35 000 DH afin de financer son logement ou autres frais annexes. Une autre formule vise les étudiants en master pour financer des prêts pouvant aller jusqu’à 200 000 DH pour les deux années de master et d’autres offres pour faire face aux achats ou renouvellements de l’équipement informatique. Outre la formule «Avenir plus» garanti par la CCG, la Banque Populaire, quant à elle, offre une formule de financement des études supérieures spécialement conçue pour les étudiants de l’école HEM et à l’Université Al Akhawayn. A titre d’exemple, le prêt étudiant peut atteindre 100 000 DH pour le cycle normal à HEM et 240 000 DH pour le bachelor et master à l’Université Al Akhawayn. Les durées de remboursement vont jusqu’à 10 ans pour HEM et 15 ans pour l’Université Al Akhawayn. En outre, le prêt étudiant «Jeune cadre» est destiné aux candidats au cycle MBA à temps partiel, initié par l’Université Al Akhawayn.

En 25 ans, les frais universitaires ont augmenté de 440 %

Concernant le panel d’offres de la BMCI, il est composé de quatre  produits. Le «Prêt études classes prépa», qui couvre les 2 années du cycle préparatoire, peut aller jusqu’à 120 000 DH. La durée de remboursement peut s’étaler sur cinq ans pour un taux d’intérêt de 7,5%. Le «Prêt études supérieures» est, quant à lui, dédié aux étudiants qui désirent poursuivre leurs études supérieures sans passer par la case «classes prépa». La formule finance ainsi le cursus de 3 ans, pour un montant pouvant atteindre 150 000 DH. Il existe également le «Prêt master» qui permet à l’étudiant de financer les deux dernières années de sa formation universitaire. L’offre va de 30 000 à 120 000 DH, remboursables en 12 à 60 mensualités avec un plafond de 5 ans. Le « Prêt études supérieures à l’étranger», spécifiquement conçu pour les étudiants qui veulent poursuivre leurs études à l’étranger, propose un financement échelonné sur 5 ans pour un montant allant jusqu’à 180 000 DH.  La BMCI propose aussi la prise en charge du matériel informatique de l’étudiant à hauteur de 15 000 DH à un taux de 6% fixe. Ce crédit, remboursable sur 24 mois, est sans frais de dossier. Chez la BMCE, le «Crédit enseignement+» est proposé à 50 000 DH par année d’études dans  la limite de 250 000 DH avec une durée de remboursement allant jusqu’à 12 ans. Le «Crédit enseignement + complémentaire» est un crédit à la consommation à court ou à moyen terme qui vient en complément du «Crédit enseignement+» pour le paiement du reliquat des frais de scolarité au-delà des 50 000 DH/an couverts par le «Crédit enseignement +». Pour contracter un crédit, le candidat doit présenter une caution des parents ou d’un tuteur justifiant des revenus stables. Des rééchelonnements pour les étudiants déjà en poste sont prévus. S’endetter pour financer ses études ouvre l’horizon à plus d’un en bénéficiant d’un système d’enseignement de qualité. Toutefois, il peut causer bien des problèmes relatifs notamment à l’insolvabilité des étudiants. Cela a été le cas aux Etats-Unis où le système éducatif est en proie à une crise. On parle de plus en plus de  «bulle» de la dette étudiante, qui croît de manière dramatique depuis plusieurs années, dépassant par là même la dette des cartes de crédit. Au 31 décembre 2014, la Réserve fédérale de New York avance la dette faramineuse de plus de 1 160 milliards de dollars. Ce cercle vertueux qui voulait que la nouvelle recrue puisse financer des études américaines de haut niveau piège le jeune diplômé et le met dans un engrenage d’endettement insupportable.

En 25 ans, les frais universitaires ont augmenté de 440 %, selon Forbes, soit quatre fois plus vite que l’inflation générale de l’économie américaine.

Cette hausse oblige les étudiants à s’endetter en souscrivant des prêts bancaires généralement compris entre 5 000 et 50 000 dollars par année passée sur les bancs de la fac. On estime que 60 % des 20 millions d’étudiants américains termineront leurs études avec une dette de 27 000 dollars en moyenne.

Afin d’éviter que la situation empire, Barack Obama avait commencé l’année dernière quelques réformes dans ce sens. Il a proposé la gratuité des deux premières années dans les community college, des formations courtes de deux ans, en fonction de l’implication et des résultats des étudiants qui devraient travailler un certain nombre d’heures au sein de leur établissement. En juin dernier, le président des Etats-Unis avait également lancé un programme d’aide au remboursement des prêts étudiants, le «pay as you earn» (remboursez en fonction de ce que vous gagnez). Ce programme permet aux jeunes diplômés de plafonner à 10% de leur revenu mensuel le remboursement sur leurs prêts.