ENSEIGNEMENT : «Nous avons lancé pour cette rentrée le programme Science Po Marrakech»

Nos implantations à l’étranger ont pour objectif de former les ressources humaines de pays en forte voie de développement. Nous lançons chaque année de nouvelles formations depuis 10 ans.

Mohamed Knidiri Président Académique de l’Université Privée de Marrakech
Mohamed Knidiri
Président Académique de l’Université Privée
de Marrakech

Une année après votre implantation au Sénégal, comment se porte cette «filiale» et comment jugez-vous cette expérience?

Nous avons effectué notre première rentrée en septembre 2016.  Il s’agit de notre première implantation d’un campus UPM à l’étranger. Le Sénégal s’est imposé comme un choix naturel pour plusieurs raisons. Tout d’abord les liens historiques d’amitié et de fraternité entre nos deux pays. D’autre part, le Sénégal est un pays qui est depuis fort longtemps reconnu pour la qualité et le haut niveau de ses formations et se positionne comme un hub de l’enseignement supérieur en Afrique. A travers notre implantation dans ce premier pays, nous nous inscrivons dans la continuité du travail qui a été initié à Marrakech qui est de former les élites scientifiques et économiques qui permettront de développer nos économies dans le respect de la vision de nos états respectifs mais aussi d’accompagner la vision élargie d’une Afrique unie tant politiquement qu’économiquement.

Quelle valeur ajoutée vous apporte cette implantation?

Nos implantations à l’étranger, à commencer par celle de Dakar, ont pour objectif de former les ressources humaines de pays en forte voie de développement.

Pour l’étudiant UPM sénégalais l’avantage est double. Tout d’abord, les critères de sélection, le fonctionnement, la qualité d’enseignement sont les mêmes qu’à Marrakech. Les étudiants bénéficient des mêmes partenariats pédagogiques avec les écoles et universités étrangères.

Le deuxième avantage concerne aussi bien les étudiants du campus de Dakar que ceux du campus de Marrakech qui peuvent aller poursuivre leur cursus dans l’un ou l’autre des campus. Il ne s’agit plus ici de simplement suivre les cours mais de vivre une expérience qui va au-delà du simple volet pédagogique et qui entre dans les dimensions sociales et la découverte d’une culture et des «best practices» professionnelles locales.

C’est sans doute l’aspect le plus avantageux de nos implantations actuelles et futures. Le Maroc est un pays qui développe des partenariats économiques très forts avec ses pays frères d’Afrique. Les entreprises marocaines se développent très fortement et seront plus intéressées à recruter des profils qui ont déjà été confrontés aux méthodes locales. L’inverse est également vrai pour les entreprises des autres pays qui recruteront des compétences locales pour travailler avec l’étranger.

Accompagnez-vous vos étudiants à Dakar en termes d’employabilité? Sinon, quel type d’accompagnement leur offrez-vous?

Nous avons l’expérience de ce que nous faisons déjà pour nos étudiants au niveau du campus de Marrakech. Les méthodes employées à Dakar pour développer l’employabilité de nos étudiants sont les mêmes.

Il y a d’abord la pédagogie par projets qui consiste à confronter les étudiants aux exigences des entreprises en développant leurs compétences transversales, de motiver la recherche d’information, l’analyse et la gestion de projet, les capacités de communication ou bien encore l’intelligence collective. Ces projets ont pour objectif graduel d’amener nos étudiants vers la mise en place de leur projet professionnel, plan de carrière.

D’autre part, à l’instar de ce que nous faisons à Marrakech, les périodes en milieu professionnel, autrement dit les stages sont obligatoires dans le cursus de nos étudiants. Des partenariats sont déjà noués avec des entreprises, notamment dans le domaine de l’hôtellerie où nos étudiants suivent la formation VATEL de Management en hôtellerie internationale qui est basée sur une alternance cours / stages pratiques pendant les trois premières années de leur cursus.

UPM dispose d’une forte dimension internationale. Beaucoup de partenariats sont scellés avec des universités de divers pays. Jusqu’à quel point cette diversification est-elle importante?

Nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin. Ces partenariats sont scellés avec des universités et écoles de référence, parmi les meilleures chacune dans leur domaine. Les retombées de tels partenariats sont effectives à plusieurs niveaux.

Au niveau des programmes académiques dont le contenu est continuellement enrichi de l’apport de nos partenaires. Certains programmes comme celui que nous sommes en phase de lancement avec l’Université de Kuala Lumpur sur la finance islamique bénéficient de l’apport des plus grands experts mondiaux dans le domaine.

Au niveau de la communication des savoirs, les professeurs de nos partenaires viennent dans le cadre d’enseignement de modules spécifiques ou dans le cadre de semaines internationales que nous organisons annuellement.

Au niveau des échanges académiques que permettent de tels partenariats pour nos étudiants. En effet, tous ont la possibilité d’accéder à un échange à l’étranger pour un semestre ou une année.

Nous vivons dans un monde globalisé. Les entreprises recherchent des profils internationaux et pas simplement avec une expérience européenne mais avec une expérience américaine, asiatique ou encore africaine.

C’est le sens également du développement de l’Université privée de Marrakech sur les autres pays de notre continent.

Un étudiant UPM demain pourra commencer son cursus à Marrakech le continuer à Dakar pour 6 mois ou un an et ensuite partir dans une autre de nos implantations à l’étranger et passer également un séjour en échange chez l’un de nos partenaires académiques.

Pouvez-vous nous donner un aperçu sur vos perspectives? Comptez-vous lancer d’autres formations ou encore étendre votre internationalisation à travers d’autres implantations?

Nous avons déjà annoncé le lancement de la construction d’un campus au Congo Brazzaville. L’ouverture est programmée pour la rentrée 2017-2018. Nous avons d’autres plans de développement sur l’Afrique, tant francophone qu’anglophone. Les projets sont en cours d’étude et les annonces seront faites en temps voulu.

Pour ce qui est du lancement de nouvelles formations, nous le faisons chaque année depuis 10 ans. Nous avons ainsi lancé pour cette rentrée 2016-2017 le programme Science Po Marrakech avec une licence et un Master proposant 2 parcours. Le premier en relation et management des Affaires Internationales et le second en Gestion des Affaires Publiques.

Le pôle Santé voit le lancement du programme Sciences biomédicales ainsi que des parcours de spécialisation à Bac+5 en gestion hospitalière, ingénierie biomédicale et bien encore santé et environnement.

Vous proposez des programmes d’échange avec certaines universités. Concrètement, qu’apportent ces programmes aux étudiants d’UPM?

L’étudiant qui est parti effectuer une partie de son cursus à l’étranger revient avec une valeur ajoutée importante au moment d’intégrer le marché du travail. A compétences égales, la compréhension de la culture de l’autre est un atout décisif.

De plus en plus d’entreprises marocaines s’implantent à l’étranger, notamment sur l’Afrique subsaharienne mais pas que. Il est important pour ces dernières de transmettre la culture et les valeurs de l’entreprise tout en se fondant dans la culture et en s’adaptant aux méthodologies de travail locales.

De la même manière, le lauréat formé aux contextes multiculturels sera plus à même d’accompagner l’entreprise marocaine dans son développement international.

Ce type de profil qui est très apprécié par les entreprises voit également ses opportunités de carrière élargies.