ENSEIGNEMENT : L’accompagnement pédagogique, un outil de valorisation de l’enseignement

Pour qu’un étudiant réussisse ses études et son insertion professionnelle, l’accompagnement pédagogique est primordial. Voici quelques pratiques pédagogiques publiques et privées.

L’orientation est une étape cruciale pour tout étudiant et l’une des plus importantes pour assurer la réussite de son parcours et, ultérieurement, de son insertion dans la vie professionnelle. Les pratiques évoluent dans le pays, que ce soit dans le public ou dans le privé. Qu’est-ce que les établissements supérieurs offrent-ils en matière d’accompagnement pédagogique?

Dans le public, le suivi et l’accompagnement pédagogique des étudiants commencent avant même leur arrivée sur les bancs des universités, notamment à travers l’organisation de forums d’information et d’orientation au profit des lycéens. En outre, tout au long du cursus universitaire, les étudiants ont recours à une panoplie de services facilitant leur intégration ainsi que leur travail universitaire: suivi académique, encadrement, aide à la recherche des stages… Une place importante est accordée à la vie intellectuelle et à la pratique des activités culturelles et sportives car ils permettent aux étudiants de compléter leur formation par des compétences transversales. Pour une réussite durant son cursus universitaire, l’étudiant est également doté d’une visibilité complète sur l’ensemble des activités pédagogiques de l’année.

C’est le cas de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (UCA) qui a placé le suivi et l’accompagnement des étudiants au cœur de ses préoccupations, en l’intégrant comme axe important de la stratégie de l’université depuis 2013.

Au cours de la semaine d’intégration des nouveaux inscrits, l’UCA organise des activités telles que : la présentation des programmes, des clubs d’activités para-universitaires, sportives et culturelles et de leur programme annuel, des compétitions couronnées par des prix d’excellence, ou encore des rencontre avec des anciens lauréats insérés dans le secteur socioéconomique pour stimuler l’excellence et installer le modèle réussi.

Mais l’accompagnement ne s’arrête pas à cette première semaine d’intégration. «En effet, nous intervenons tout au long du cursus universitaire de nos étudiants, que ce soit au cours de leur formation ou lors de leur insertion professionnelle», affirme Abdellatif Miaroui, président de l’UCA. «Nous sommes en concertation permanente avec nos partenaires socioéconomiques nationaux et nos collaborateurs internationaux à travers une cellule de veille et d’interface. Nous sommes aussi à l’écoute de nos étudiants à travers l’évaluation de l’enseignement par l’étudiant. De plus, l’association des lauréats de l’UCA nous alimente de suggestions et de remarques pour un réajustement perpétuel de l’offre de formation».

L’UCA a également mis en place un «career center» avec le soutien de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Celui-ci assure l’orientation, l’information sur les secteurs porteurs, la préparation à l’emploi, les formations aux compétences non techniques, la mise en relation avec les employeurs à travers des programmes de stages et d’immersion dans l’entreprise… L’objectif est de renforcer l’employabilité des lauréats à travers l’intégration des modules de soft skills dans les cursus de formations des Masters et Licences professionnelles et le renforcement des compétences linguistiques des étudiants en français et en anglais. Mais aussi par le renforcement de l’autonomie de l’étudiant à travers l’utilisation d’une plateforme dédiée au travail personnel avec un suivi à distance de l’enseignant ; le renforcement des connaissances culturelles grâce à l’intégration de modules de culture générale dans l’enseignement technique ainsi que la mobilité internationale des étudiants et leur implication dans la vie associative.

«L’implication des professionnels dans l’enseignement de certaines filières professionnalisantes avoisine 50% du volume horaire dispensé. Nous avons ainsi procédé à l’amélioration de la carte de formation de l’université. Les efforts entrepris sont importants et les résultats obtenus sont plus que satisfaisants», ajoute le président de l’UCA. En effet, une nouvelle carte de formation a vu le jour. Elle s’articule autour de deux orientations principales: une restructuration de l’offre et une reformulation du contenu des formations. Dans cette optique la nouvelle carte de formation a permis le renforcement des filières dont le taux d’insertion est le plus important, l’encouragement des filières à double diplôme, l’augmentation du nombre des filières masters, la mutualisation des ressources dans les établissements du même campus et l’institutionnalisation des passerelles structurelles.

Pour ce qui est du secteur privé, il y en a de toutes les sauces. Chaque établissement a sa propre recette en ce qui concerne la formule de réussite la plus adaptée aux étudiants. «Du fait de groupes de faibles effectifs (pas plus de 20 à 24), nous pratiquons à l’Institut supérieur d’ingénierie des affaires (ISGA) une pédagogie de proximité, contrairement aux universités où la pédagogie, compte tenu du nombre important d’étudiants, est une pédagogie de masse», nous précise le fondateur de l’ISGA, Mohammed Diouri. Résultat : des étudiants bien formés, qui n’abandonnent pas en cours de route, et surtout qui réussissent sans aucune complaisance de la part des professeurs ou de la direction.

Du côté de l’Université privée de Marrakech, des moyens considérables ont été investis, aussi bien pour l’infrastructure d’accueil et d’apprentissage que pour le recrutement d’une majorité d’enseignant permanents. «Avec cela, nous allons au-delà des recommandations du cahier des charges de la reconnaissance», explique Mohamed Knidiri, président académique de l’UPM, qui poursuit : «Nous pensons que pour pouvoir offrir un accompagnement pédagogique personnalisé, il est important de miser sur un corps professoral très majoritairement permanent. 72% des enseignements sont dispensés par des professeurs permanents et ce chiffre ne cesse d’augmenter».

L’accompagnement personnalisé est présent dès l’entrée de l’étudiant à l’UPM. L’encadrement se fait à de multiples échelons. D’abord au niveau d’un tuteur qui est affecté à chaque étudiant, un de ses professeurs qui lui apporte une écoute, des informations, des exercices, un suivi et des conseils. L’étudiant trouve les réponses à ses nombreux questionnements qui évoluent au fur et à mesure de son cursus. L’étudiant a également accès à tout moment à son responsable de programme. L’étudiant UPM s’appuie aussi sur le dispositif emploi qui jalonne son cursus : ateliers, métiers, rencontres professionnelles, projets professionnels encadrés, … Un centre carrière a également été mis en place cette année, afin de concentrer l’ensemble des actions d’accompagnement vers la vie active, pour encore plus d’efficacité.

«D’autre part, le système de contrôle continu que nous appliquons permet de suivre la progression des étudiants au regard des exigences du programme et des attentes des professeurs et d’appliquer les correctifs nécessaires», conclut M. Knidiri.