Enseignement finlandais, des particularités qui impressionnent

Même en Europe, le modèle finlandais semble impressionner pas mal d’observateurs. Depuis 2007, la Finlande a complètement réformé son système éducatif, en en faisant aujourd’hui l’un des meilleurs au monde. Comment ont-ils fait ? Visiblement, la solution réside dans l’abandon complet du modèle centré sur l’évaluation des acquis.

On ne peut pas décrire en détail le système scolaire finlandais mais on sait qu’il assure une formation unique pendant neuf ans pour toute la classe d’âge; il s’agit d’un enseignement de haute qualité et, enfin, il s’agit de mettre l’être humain au centre de toute action. Mais une scolarité, comment est-ce possible ? L’enseignement fondamental, qui s’étend de sept à seize ans, est régi par des lois et des décrets ainsi que par le Plan national d’enseignement (PNE). D’où en gros le même type d’enseignement dans toutes les écoles. Mais il faut savoir, certains aspects financiers comme par exemple le fait que le système d’éducation dans ce pays est financé à 100% par l’État et que la Finlande dépense en moyenne 30% moins par élève que les Etats-Unis. Quant aux enseignants, ils sont sélectionnés parmi les meilleurs 10%. Ils ont tous une maîtrise, entièrement payée par l’État, ils ne sont en classe que 4 heures par jour, et ont 2 h de formation continue par semaine. Leur statut social se compare à celui des médecins et des avocats.

La publication Business Insider International mentionne quelques faits dignes d’intérêt à propos des élèves et de l’apprentissage…Tout d’abord, et cela peut surprendre plus d’un, les petits Finlandais commencent l’école à l’âge de 7 ans seulement.  30% des élèves reçoivent de l’aide spécialisée pendant leurs 9 premières années d’école et les élèves ne subissent aucune évaluation pendant les 6 premières années : Il n’existe qu’un seul test standardisé, et il est administré aux élèves de 16 ans. Les élèves du primaire disposent de 75 minutes de récréation par jour. Par ailleurs, difficultés d’apprentissage ou pas, les élèves apprennent dans les mêmes classes sachant que les classes de sciences sont limitées à 16 élèves pour qu’ils puissent faire des travaux pratiques à chaque période.

L’idée qui attire l’attention c’est que les enfants passent relativement peu de temps à l’école et ont peu de devoirs à faire à la maison. Est-ce vraiment possible d’apprendre dans ces conditions ? N’y a-t-il pas là une contradiction ? Selon Leena Vaurio, universitaire (didactique des langues étrangères) à Helsinki, cette situation témoigne de «la compétence du corps enseignant ! Ce n’est pas la quantité des devoirs qui compte dans l’apprentissage. D’ailleurs, ce n’est pas qu’ils soient absents ; il y en a sans doute tout simplement la juste quantité. Les élèves fournissent une bonne partie de leur travail à l’école. L’apprentissage se fait parce que les heures d’enseignement sont utilisées d’une façon efficace. Les journées à l’école sont relativement courtes, mais elles sont chargées ; contrairement à d’autres pays, il y a peu de pauses, on déjeune en une demi-heure. Aux États-Unis par exemple, les enfants passent plus de temps à l’école, mais l’après-midi est consacré à des activités qui ne font pas vraiment partie du programme scolaire. Il est évident que si l’enfant reste à l’école pour des activités extra-scolaires sa journée se rallonge. En Finlande, les écoles proposent peu d’activités de ce type, que ce soit dans le domaine sportif ou autre».

Le domaine de l’évaluation a évolué dans le bon sens

Depuis longtemps, il est clair que le mépris et le dédain ne sont pas les meilleurs moyens, loin de là, d’atteindre ce qui est l’objectif essentiel : arriver à ce que tous les élèves terminent l’école fondamentale et que celle-ci leur fournisse de bonnes bases pour leur vie d’adulte. C’est peut-être une exagération, mais il existe des pays où l’objectif semble être le contraire : arriver à ce qu’une partie des élèves échouent, qu’ils n’aillent pas jusqu’au bout de leur scolarité.

Il y a une dizaine d’années, le domaine de l’évaluation a évolué dans le bon sens. Il s’agit notamment de l’utilisation de l’autoévaluation et aux rencontres entre l’enseignant, l’enfant et les parents. Ce type d’évaluation, qui débute très tôt, porte sur les acquisitions en termes de connaissances mais aussi sur les compétences d’ordre social : suis-je bon camarade ? Suis-je capable de me concentrer? Comment est l’atmosphère dans le groupe-classe ? Après avoir rempli une feuille d’autoévaluation, l’enfant en discute avec l’enseignant et les parents. C’est là quelque chose d’extrêmement important, explique Leena Vaurio: «Grâce à cette évaluation accompagnée d’un échange, l’enfant a un retour sur son travail et sa place parmi ses pairs, il apprend à apprécier ses points forts et à voir ce qui demande à être amélioré. En même temps, à travers l’échange, qui peut ne durer éventuellement qu’une quinzaine ou une vingtaine de minutes, les parents ont des échos sur leur enfant et sur sa scolarité».

• 66 % des élèves entament des études supérieures, le plus haut taux de l’Europe. • La différence entre les élèves les plus faibles et les plus forts est la plus petite au monde. • 93 % des élèves réussissent leurs études secondaires. • Depuis 15 ans, les jeunes Finlandais arrivent dans les premières positions des classements internationaux en science, lecture et mathématiques.