ENSEIGNEMENT : Entretien avec Thami Ghorfi, Président Esca Ecole de Management

Le comité académique ESCA travaille chaque année sur la révision des programmes pour en évaluer les résultats et les ajustements. L’école dispose d’un réseau d’échange étudiants de 88 institutions dans 43 pays.

Président de l’ESCA Ecole de management

Plusieurs écoles privées voient le jour au Maroc. Cette prolifération ne risque-t-elle pas d’altérer la crédibilité des diplômes obtenus ?

Le secteur de l’enseignement supérieur est en train de se restructurer pour privilégier l’excellence académique. Le Maroc a connu une importante réforme en accordant la reconnaissance de l’Etat à quelques établissements supérieurs qui ont démontré leur conformité au cahier des charges très strict du ministère de l’enseignement supérieur. ESCA Ecole de management est ainsi reconnue par l’Etat. C’est une reconnaissance importante de la qualité de son enseignement et de son corps enseignant puisque nos diplômés ont l’équivalence aux diplômes nationaux et la possibilité d’accéder à la fonction publique. Par ailleurs, l’arrivée de nouvelles écoles ne peut qu’enrichir l’offre marocaine, à condition qu’elles se plient aux exigences de l’Etat et qu’elles développent une offre de qualité pour servir le développement du pays.

De quelle manière l’ESCA adapte-elle les formations dispensées aux exigences du marché du travail ?

Notre conseil stratégique qui se compose de dirigeants d’entreprises et de lauréats ESCA s’est donné pour objectif d’éclairer nos stratégies et de nous permettre d’être régulièrement à l’écoute des attentes des entreprises. D’autre part, le comité académique ESCA travaille chaque année sur la révision des programmes pour en évaluer les résultats et les ajustements. Notre stratégie s’avère très efficace puisque nous constatons que nos diplômés sont fortement appréciés au Maroc et à l’étranger et qu’ils évoluent rapidement vers des postes de responsabilités.

L’enseignement privé nécessite un budget conséquent.  Jusqu’à quel point l’ESCA facilite l’accès à ses bancs aux étudiants ?

Nous offrons des bourses d’excellence à des jeunes nécessiteux à travers des fondations dans le cadre de conventions spécifiques. Mais nous sommes surtout particulièrement solidaires avec nos étudiants en cas de difficultés majeures en cours de parcours (perte de parents…).  Par ailleurs, Les familles ont diverses possibilités de paiement des frais de scolarité et même des crédits bancaires pour leur faciliter l’accès aux études.

Qu’en est-il des programmes d’échange d’étudiants ?

Depuis sa création, ESCA Ecole de management a fait de l’international un de ses axes stratégiques. Nous avons ainsi initié différents programmes d’études à l’international  dont les programmes d’échange. Ces expériences ne sont plus à démontrer et favorisent entre autres la prise d’indépendance, la perspective globale «Global Thinking» et la maîtrise de langues. Nos étudiants ont l’avantage de vivre des expériences académiques, culturelles et linguistiques avec notre réseau de 88 institutions dans 43 pays sur 5 continents. Ils sont plus de 250 à avoir expérimenté cette aventure et nombreux sont aussi ceux qui ont décroché des stages et emplois suite à leurs échanges. D’un autre côté, la dimension multiculturelle est très apparente dans nos différents programmes qui attirent de plus en plus d’étudiants et professeurs internationaux. Il est également important de souligner l’impact de ces échanges sur ces étudiants que nous recevons chaque année dans le cadre de l’échange. Ils s’intéressent particulièrement à comprendre le modèle économique africain vu de Casablanca «Hub financier et économique du continent». Ils sont une cinquantaine à suivre nos différents programmes en 2 langues venant principalement des Etats-Unis, Pays-Bas, Mexique, Canada, Allemagne, France, Singapour, Corée du Sud…

Où en êtes-vous dans la digitalisation de l’enseignement ?

Nos méthodes d’enseignement novatrices sont mises en place dans l’objectif de favoriser l’apprentissage. Elles permettent à nos étudiants de se former dans un environnement digital et ce à travers la mise en place de 3 plateformes numériques facilitant l’apprentissage, les travaux de recherche et la réalisation des projets. Nous avons également une plateforme e-learning qui permet de s’adapter aux étudiants pour avancer à leur rythme et convenance. Nous nous sommes également dotés, depuis quelques années, d’équipements technologiques modernes pour assurer des cours, joint-courses et participation à des projets internationaux en visioconférence.

Quelle est votre stratégie de développement pour les années à venir?

Nous sommes d’abord engagés dans des projets internationaux au service des entreprises marocaines qui visent à s’internationaliser à grands pas. Nous travaillons également en étroite collaboration avec nos réseaux africains initiés depuis quelques années. Je cite en particulier l’INSEAM fondé avec Grenoble Ecole de management et qui rassemble 13 business schools d’une dizaine de pays africains dans l’objectif de soutenir la qualité de l’enseignement en management en Afrique. Nous développons des activités grâce à l’«African Academic Association on Entrepreneurship» que nous avons lancée avec les 5 meilleures business schools en Afrique anglophone (Egypte, Kenya, Afrique du Sud, Nigeria) dont l’objectif principal est de promouvoir la collaboration académique entre les business schools africaines.