ENSEIGNEMENT : Entretien avec Tawfiq Rkibi Recteur de l’UIC

L’UIC vient d’obtenir la reconnaissance de l’Etat. Elle s’investit pleinement dans l’insertion professionnelle de ses lauréats et le développement de son offre de formations. De nouvelles filières seront lancées dans les domaines des arts et le design, les sciences infirmières, la criminologie et cybercriminalité.

L’UIC vient d’obtenir la reconnaissance de ses diplômes par l’Etat. Qu’apporte cette reconnaissance à votre établissement ?

La reconnaissance des institutions d’enseignement supérieur par l’Etat s’inscrit, avant tout, dans un souci qualitatif qui vise à hisser le secteur privé et le mettre au diapason avec les standards de la tutelle. Cette reconnaissance est également un gage de confiance. Les nombreuses exigences du cahier des charges associé à ce processus n’admettent que les universités et les établissements qui disposent de garanties pédagogiques et d’infrastructures nécessaires. Tôt ou tard, cette procédure de reconnaissance deviendra un standard obligatoire.

Jusqu’à quel point l’UIC s’engage-t-elle à assurer un bon taux d’insertion de ses étudiants ?

L’écrasante majorité de nos lauréats est insérée professionnellement, que ce soit en ingénierie, en management, dans le domaine des sciences de la santé, en droit ou en business, sachant que certains lauréats ont fait le choix de se lancer à leur compte. L’embauche de nos futurs lauréats se profile précocement durant les stages de fin d’études. Un Forum Stages et Emplois est organisé chaque année par notre université. Il connaît la participation d’une trentaine d’entreprises de plusieurs domaines qui embauchent nos lauréats ou les accueillent en stage. Nous disposons en outre d’un outil exclusif «Laureate Professional Assessement» qui permet aux étudiants de renforcer 10 compétences clés : adaptation au changement, leadership, collaboration, analyse et résolution de problèmes, avoir un état d’esprit globalisé, génération d’idées et innovation, apprentissage et auto-développement, réalisation d’objectifs.

Quelles sont les filières les plus plébiscitées au sein de l’UIC et pour quels débouchés?

L’UIC est une université pluridisciplinaire. Son offre, toutes facultés confondues, porte sur 35 filières accréditées. Elle dispose également de plusieurs mastères professionnels et MBA. Pour sa part, la démarche s’inscrit dans le cadre d’une articulation incontournable avec le marché du travail et, donc, avec les débouchés. C’est également le cas des nouvelles filières que nous souhaitons accréditer auprès de l’Agence nationale et pour lesquelles une évaluation préalable des débouchés a été effectuée aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.

Le génie civil, le génie mécanique, le génie informatique, le génie industriel, le management, la comptabilité et la finance, le commerce international, le management touristique et hôtelier, le droit des affaires, les méthodes informatiques appliquées à la gestion, la kinésithérapie, la psychologie, la nutrition, l’orthophonie, la psychomotricité et l’orthoptie figurent parmi les filières les plus prisées. Par ailleurs, nous espérons être en mesure, prochainement, d’ouvrir de nouvelles filières dans des domaines tels que les arts et le design, les sciences infirmières, la criminologie et cybercriminalité.

Avec la nomination d’un nouveau ministre, quels sont les chantiers sur lesquels vous souhaiteriez qu’il s’attelle?

Il faut, tout d’abord, souligner l’excellente performance du ministre sortant et celle de son équipe, qui se sont attelés à plusieurs chantiers tels que la mise en place d’une agence nationale d’accréditation et la dynamisation de la recherche scientifique. Néanmoins, un travail additionnel est requis pour une mise à niveau selon les standards internationaux. Si l’on souhaite intégrer pleinement les réseaux européens d’enseignement, de recherche et de mobilité, la pleine adoption du modèle de Bologne et du système de crédits respectif (ECTS) devient incontournable. A ce titre, la participation du pays au programme Erasmus Plus sera d’autant plus enrichie. Par ailleurs, il devient urgent de légiférer et d’adopter une politique d’enseignement en ligne. On sait que des travaux exploratoires sont en cours, mais il va falloir passer rapidement à la vitesse supérieure et mettre les nouvelles technologies au profit de l’enseignement. Un autre aspect concerne l’assurance qualité. Un système de certification des universités et des établissements nationaux est fortement souhaitable.

Comment voyez-vous l’applicabilité de la vision stratégique de la réforme 2015-2030 élaborée par le CSEFRS?

Cette vision a le mérite de capitaliser le diagnostic et les travaux antérieurs et s’est dotée d’une logique prospectiviste. Elle a voulu, aussi, intégrer la contribution des acteurs jugés importants dans ce type d’exercice. L’essentiel y est : l’égalité, la qualité, la promotion de l’individu et de la société et, finalement, le leadership et la conduite du changement. Dans sa démarche, le CSEFRS met également en exergue le secteur privé, les nouvelles technologies et l’importance des modes d’apprentissage à distance. Son approche se veut intégrée et systémique. Toutefois et comme son nom l’indique, il s’agit d’une vision stratégique qui, tout en étant nécessaire, doit être traduite en budgets, en plans opérationnels, en attitudes managériales efficaces, en audit dynamique et approprié à l’ampleur de l’enjeu et être, finalement, assortie d’un modèle d’évaluation : à ces titres-là, le succès de la réforme en dépendra dans de larges proportions.