ENSEIGNEMENT : Entretien avec Mohamed Aboussalah Secrétaire général du ministère de l’éducation nationale

L’équipe gouvernementale en charge du secteur de l’enseignement supérieur se penche sur la préparation de la déclinaison de la stratégie 2015-2030. L’intégration des technologies de l’information représente un enjeu majeur en vue de moderniser le système. L’adéquation des formations avec les besoins du marché du travail constitue une priorité.

Quelles sont les principales réalisations du ministère dans le cadre de son plan d’action 2013-2016 ?

Le plan d’action du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres pour la période 2013-2016 a été bâti autour de six axes stratégiques, déclinés en 39 projets, à savoir l’amélioration de l’employabilité des diplômés (8 projets) ; l’amélioration de la gouvernance du secteur (9 projets) ; le développement du système de la recherche scientifique et technologique et de l’innovation (7 projets) ; le renforcement et développement des services sociaux au profit des étudiants (6 projets) ; la révision de l’arsenal juridique régissant le secteur (5 projets) et le développement d’une stratégie de la coopération internationale (4 projets). La mise en œuvre du plan d’action du ministère pour la période 2013-2016 a permis la réalisation d’importantes avancées et l’enclenchement de plusieurs chantiers de réforme, dont les principaux traits ont concerné notamment le lancement du chantier de restructuration du secteur de l’enseignement supérieur ; la création d’universités et d’établissements dans le cadre du partenariat ; la mise en place de l’Agence nationale d’evaluation et d’Assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; le renforcement de l’offre de formation et l’amélioration de sa qualité ; la promotion de la recherche scientifique; la diversification de ses sources de financement et le développement des prestations sociales au profit des étudiants.

Jusqu’à quel point le ministère s’est engagé dans la promotion des TIC dans l’enseignement ?

A l’heure du numérique, l’intégration des TI dans l’enseignement supérieur représente un enjeu majeur pour le ministère et un moyen privilégié en vue de moderniser et de développer le système. En vue de répondre à cet enjeu, le ministère a récemment initié plusieurs projets d’envergure visant l’introduction et la généralisation des TI dans l’enseignement supérieur, d’une part, et le développement du e-learning, d’autre part. Il s’agit, entre autres, de la mise en place d’une nouvelle version du réseau à Haut débit Marwan4, du démarrage de la généralisation du Wifi dans les établissements et les cités universitaires, et du programme INJAZ qui a permis aux étudiants de bénéficier de PC portables, de tablettes et d’une connexion Wifi à des prix subventionnés à hauteur de 85%.

Sur quels chantiers travaille le ministère actuellement ?

En exécution des Hautes instructions royales, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique a élaboré une vision stratégique de la réforme 2015-2030 «pour une école de l’équité, de la qualité et de la promotion».

Au même titre que tous les secteurs de formation et d’éducation au niveau national, le ministère a été invité à assurer la déclinaison de cette vision à travers l’élaboration d’un plan stratégique pour le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique permettant le déploiement de tous les leviers de la réforme. Cette stratégie vise la réalisation d’un ensemble d’objectifs, qui visent à répondre à la demande croissante pour l’enseignement supérieur tout en garantissant l’égalité des chances dans l’accès à ses différentes composantes et en veillant à assurer un équilibre dans la répartition de l’offre entre les régions ; à assurer l’encadrement pédagogique et administratif adapté pour accompagner l’accroissement de la demande et à consolider un modèle pédagogique qui répond aux impératifs de la qualité, en vue d’accroître le rendement interne et de garantir la compétitivité du système sur les plans régional et international. Il s’agit aussi d’améliorer le rendement externe de l’enseignement supérieur et assurer son adéquation avec les exigences du développement et du marché de l’emploi ; d’améliorer les conditions de formation et de vie des étudiants et de promouvoir le système de la recherche scientifique et en faire une locomotive pour la réalisation du progrès scientifique et du développement technologique et l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale. Parallèlement à tout cela, les objectifs visent également l’amélioration de l’efficacité et l’efficience du système conformément aux impératifs de la bonne gouvernance (révision de l’organisation, mise en place d’un système d’information intégré et généralisé à toutes les composantes…); la promotion du secteur de l’enseignement supérieur privé et celui en partenariat pour en faire de vrais partenaires de l’enseignement supérieur public et le développement de synergies et de passerelles avec le secteur de la formation professionnelle. Actuellement, l’équipe gouvernementale en charge du secteur de l’enseignement supérieur se penche sur la préparation de la déclinaison de cette stratégie en plan d’actions prioritaires visant l’amélioration du système dans sa globalité, et ceci en concertation avec toutes les parties concernées.

Qu’en est-il des actions menées pour la reconnaissance des diplômes ou l’accréditation des formations

Les mesures qui sont programmées par le département de l’enseignement supérieur en vue d’améliorer la procédure d’obtention des équivalences des diplômes étrangers aux diplômes nationaux consistent notamment en la dématérialisation en cours de la procédure d’équivalence des diplômes, et ce, dans le but de simplifier le processus de traitement des demandes d’équivalence; de réduire les délais  d’instruction de ces demandes ; de permettre la consultation et le suivi en temps réel des dossiers ; mais aussi d’assurer la transparence de toute l’opération de traitement des dossiers de demande des équivalences. En plus de cela, le ministère compte sur le renforcement et la consolidation de la coordination avec les différentes parties concernées, dont les départements ministériels concernés; les universités et les établissements d’enseignement supérieur et les ordres professionnels des métiers réglementés. D’autres mesures sont prévues à l’instar de l’ouverture à l’international à travers le développement de projets de coopération avec les centres internationaux de reconnaissance et d’équivalence des diplômes et des cursus de formation et l’organisation de compagnes de sensibilisation et de communication autour de cette nouvelle procédure, une fois finalisée.

Au final, est-ce que les formations dispensées sont en adéquation avec les besoins du marché du travail ?

La question de l’adéquation des formations avec les besoins du marché du travail constitue une priorité pour le ministère qui n’a cessé de multiplier les initiatives et les projets au cours de ces dernières années en vue d’améliorer l’employabilité des diplômés et de favoriser leur insertion dans le marché du travail. Ainsi, les efforts déployés, dans ce cadre, portent notamment sur la diversification et la professionnalisation des formations à travers l’augmentation du nombre des filières professionnalisantes accréditées dans les différents cycles et champs disciplinaires.

Actuellement, ces filières représentent plus de 57% du total des filières universitaires accréditées. Le ministère s’est attelé également à la création de filières innovantes répondant à l’évolution des métiers et aux besoins des divers plans de développement sectoriels ; à l’introduction, dans les nouveaux cahiers des normes pédagogiques nationales, de la possibilité d’organiser la formation dans une filière en alternance entre l’université et le secteur socioéconomique et l’autorisation des écoles supérieures de technologie à préparer et à délivrer, en sus de leur vocation initiale, la licence professionnelle.

L’amélioration de l’employabilité, étant au cœur des préoccupations du ministère, est favorisée aussi par l’intégration de contenus dans les cursus de formation, notamment ceux qui contribuent au développement des compétences complémentaires et transversales (soft skills) et de la culture entrepreneuriale ; par la création en cours de centres de développement de carrière (Career Developement Centers) dans toutes les universités du Royaume (3 centres pilotes ont été implantés au niveau des Universités de Marrakech, de Tétouan et de Casablanca) ; le renforcement du partenariat entre l’université et l’entreprise (stages, participation à la formation, participation au montage des programmes, participation aux organes de gouvernance, organisation de forums,…) ; ainsi que l’encouragement de l’orientation de plus d’étudiants vers les filières scientifiques et techniques.