Zéro privatisation en 2009 !

La Loi de finances en 2008 avait prévu trois milliards de DH.

Et de deux ! 2009 sera la seconde année consécutive avec des recettes de privatisation nulles. Effet de la crise ou tarissement du portefeuille de l’Etat ? Ni l’un ni l’autre mais seulement un creux, dans l’attente que les dossiers en cours d’étude à la Direction des entreprises publiques et des privatisations (DEPP) mûrissent. Trois notamment sont dans le pipe depuis 2007 : Sococharbo, Cotef et Biopharma.
Un trou pour le Budget de l’Etat ? Au ministère des finances, on explique que les privatisations n’ont jamais réellement constitué une ressource stratégique pour les pouvoirs publics mais un outil entre les mains de l’Etat pour moderniser la gestion des entreprises publiques. C’est tout même une manne de 3 milliards de DH qui était prévue au Budget et dont l’Etat devra se passer. Il faut dire aussi que le plus gros a déjà été vendu : 107 opérations réalisées entre 1993 et 2007 ont rapporté une enveloppe de 100 milliards de DH. Pour autant, le portefeuille de l’Etat, à en croire le dernier rapport de la DEPP, recèle encore du potentiel avec pas moins de 440 entreprises publiques dont le capital est détenu en totalité ou en partie par le public.
Et la preuve qu’il ne s’agit pas d’un effet de la crise mondiale, les investissements directs étrangers se maintiennent presque à leur niveau de 2008.   Ainsi, à fin juin, les fonds réellement déboursés (et non pas engagés ou promis) par les investisseurs étrangers ont totalisé 13 milliards de DH sachant que le ministère des finances table sur 30 milliards de DH voire un peu plus. En 2008, les IDE avaient avoisiné les 32 milliards de DH. Au ministère des finances, on signale d’ailleurs qu’en cette année 2009, la nouveauté est l’intérêt particulier des investisseurs américains, sans doute un des premiers effets de l’accord de libre-échange.