Y’a pas travail, y’a école

Le privé marocain se prend de plus en plus en charge pour former lui-même les profils dont il a besoin. Cette fois-ci, c’est au tour d’un opérateur spécialiste des call-centers de s’y mettre. En effet, Webcad, filiale du groupe français Webhelp, qui emploie près de 3 000 personnes entre Rabat et Fès, a décidé de créer son propre institut pour la formation des téléconseillers. L’établissement, baptisé Institut de formation de la relation client privé (IFRC), et basé à Rabat, aura pour mission de dispenser plusieurs modules de formation continue, en sus de l’évaluation de la force de vente. Cette intégration permettra, espèrent les responsables de Webcad, d’assurer un développement ininterrompu de ses investissements au Maroc, tout en palliant l’incapacité actuelle des formations généralistes à former des téléconseillers performants et disposant d’une grande faculté d’adaptation.

Webcad emboîte ainsi le pas à plusieurs groupes, Mediaco avec son école de grutiers, Richbond avec son «Academy» pour commerciaux, Accor, qui a converti son Ibis Agadir en centre de formation continue, BMCE et RAM qui ont mis en place respectivement BMCE Academy en 2007 et RAM Academy un an auparavant, ou encore l’Ona, qui a créé, pour les besoins de ses activités de grande distribution, un institut de commerce et de distribution. Enfin, depuis quelques jours, le voyagiste local Atlas Voyages a baptisé Atlas Académie son centre de «corporate performance».

S’il est vrai que ces initiatives sont en phase avec les recommandations du plan «Emergence», il n’en demeure pas moins qu’elles sont révélatrices d’un grand problème : notre système de formation et d’éducation n’arrive toujours pas à suivre le rythme… ni en qualité ni en quantité.