voitures de fonction

Ministres auto-stoppeurs

Faut-il acheter des nouvelles voitures pour les ministres ? L’affaire avait soulevé un tollé il y a un an, quand le gouvernement avait envisagé de le faire. Pris à partie par la presse, le Premier ministre avait finalement temporisé. Aujourd’hui, la question est plus que jamais d’actualité. L’un des membres du gouvernement a accepté de montrer à La Vie éco les factures d’entretien d’une des Mercedes 300 ministérielles. Pour 2003, le montant global a atteint 170 000 DH. Si seulement cela suffisait à se prémunir contre le risque de panne…
Les anecdotes aux sujets des déboires des ministres ne manquent pas. L’un d’entre eux a subi la panne au mauvais moment : il revenait de l’aéroport de Rabat-Salé où il avait accueilli son homologue tunisien. Un autre a eu la malchance de voir sa Mercedes lui faire défaut alors qu’il se rendait à un conseil des ministres à Marrakech. Solution : l’auto-stop. Enfin, l’un d’entre eux, qui est souvent sur les routes, avoue que le tableau de bord de son véhicule n’est plus éclairé, ce qui oblige le chauffeur à s’arrêter à chaque fois qu’il doit consulter ledit tableau.
Résultat : la plupart des ministres ne roulent plus dans ces Mercedes coûteuses. Ils se sont rabattus, au petit bonheur la chance, sur d’autres véhicules appartenant au parc de leur ministère. Peut-être finira-t-on par les acheter, ces voitures, sans faire dans la démesure, au lieu de continuer à payer des frais d’entretien astronomiques pour des véhicules qui ont 13 ans d’âge et près de 400 000 km au compteur.