Vendeurs de légumes, où sont vos factures ?

Comment avoir un marché libre tout en maîtrisant les prix ? Telle est l’équation, complexe, à laquelle le gouvernement doit trouver une solution, surtout avec la flambée actuelle des prix. Particulièrement dans le secteur des fruits et légumes où, ce n’est un secret pour personne, les prix de vente au détail sont complètement déconnectés de ceux pratiqués dans les marchés de gros, en grande partie à cause des intermédiaires.

La préfecture de Casablanca-Anfa a décidé de tenter une expérience. Premier objectif : éliminer les «intervenants parasites» qui viennent s’incruster entre deux maillons. C’est le cas de commerçants opérant en toute illégalité au marché de gros, qui achètent des quantités importantes de légumes pour les redistribuer soit aux détaillants soit aux marchands ambulants, sans factures, sans documents.

Tâche difficile dans la mesure où «la liberté de commerce donne à chacun le droit de vendre et acheter à qui il veut», explique un cadre de la préfecture. Mais celle-ci a une idée derrière la tête : il suffit de contrôler et d’exiger des détaillants de fruits et légumes les factures de leurs achats. Du coup, ces détaillants ne s’approvisionneront plus chez les fournisseurs au noir sous peine de se voir verbaliser par les contrôleurs de la division économique. L’idée est séduisante, encore faut-il qu’une fois mise en œuvre, elle ne puisse être contournée par les pratiques perverses habituelles : passe-droits, corruption et autres.