USFP : guerre déclarée entre militants et bureau politique

Rien ne va plus dans la maison USFP. Organisés en marge du conseil national du parti de la rose, prévu le 11 janvier prochain, les conseils régionaux, censés préparer la rencontre, se sont tenus dans un climat de crise. Absentéisme, boycott, et plus encore, de Rabat à Oujda en passant par Fès ou Safi, les militants ittihadis n’y sont pas allés de main morte pour montrer au bureau politique que le départ de Mohamed El Yazghi ne lui fera pas l’économie d’un étrillage en règle pour sa gestion des dernières années. «Les militants estiment que la responsabilité est collective et qu’elle incombe à l’ensemble du bureau politique, car il s’agit d’une direction collégiale. C’est le bureau politique qui a placé Mohamed Elyazghi à la tête du parti et il porte l’entière responsabilité des erreurs commises par son leader», explique Hassan Tariq, ex-numéro un de la jeunesse USFP, joint au téléphone par La Vie éco.

Mais, comme toujours en politique, les rebonds peuvent naître des difficultés. Le camp Elyazghi tente le tout pour le tout. A Fès, ce sont des partisans du dirigeant sortant qui ont expulsé Driss Lachgar, ancien bras droit du premier secrétaire, de la salle où devait se tenir une rencontre qu’il était, en plus, censé présider… En dehors de la capitale spirituelle toutefois, le clan Elyazghi reste très affaibli, la plupart des régions renvoyant dos-à-dos le premier secrétaire et son bureau politique. Contraint à la démission à la suite de législatives décevantes et d’une entrée critiquée de son parti au gouvernement El Fassi, Mohamed El Yazghi profitera-t-il de la situation pour entraîner le bureau politique dans sa chute ? Réponse probable lors du conseil national.