Une fatwa pour valider l’alcootest

Les accidents dus à  l’alcool sont plus nombreux qu’il ne paraît.

Trois ans de débat, des piles de rapports, plus de 100 réunions et des milliers d’heures de discussions… C’est l’effort qu’a nécessité le nouveau Code de la route pour devenir réalité. Mais ce n’est pas tout. Le ministre du transport, Karim Ghellab, a dû trouver des astuces pour éviter les écueils. C’est le cas de l’alcootest qui sera désormais introduit dans les contrôles routiers. En y ayant recours, les pouvoirs publics admettraient implicitement que la consommation d’alcool est permise, mais ne peut donner lieu au droit de conduire, au-delà d’un certain seuil de consommation. De quoi donner du grain à moudre au PJD.

Il a donc été jugé plus sage d’anticiper cette réaction en demandant une fatwa au Conseil supérieur des oulémas. Ce dernier a rendu son verdict, stipulant que l’introduction de l’alcootest ne présentait en rien un caractère contraire aux préceptes de l’islam. Car, comme l’explique le ministre lui-même, l’utilisation de l’alcootest est devenue impérative à cause du nombre d’accidents de circulation dus à la consommation d’alcool.
Il ne faut pas se fier aux statistiques officielles qui font état de 1 000 accidents par an dus à l’alcool  sur un total de 75 000 en moyenne. Le chiffre réel est beaucoup plus élevé. Cette distorsion est due au fait que les PV dressés par la police ou la gendarmerie évitent le plus souvent de citer l’alcool comme cause d’accident pour la simple raison que les compagnies d’assurances ne prennent pas en charge les sinistres en cas de conduite en état d’ébriété. Quel sera alors le seuil de tolérance ? Deux à trois verres, pas plus, paraît-il.