Un tunnel sous le Détroit

Il existe un plateau continental entre le Cap Spartel et un point entre Tarifa
et Cadix où les fonds ne dépassent pas 400 mètres : un passage
privilégié pour un tunnel.

Il y a très longtemps que l’idée de faire franchir le Détroit de Gibraltar par un tunnel ou par un pont avait été lancée. Jusqu’à présent, elle n’avait suscité qu’un accueil réservé ou ironique. Et voilà que, depuis peu, ce projet conquiert de nouveaux adeptes. Que s’est-il donc passé ? D’abord la constatation par le grand public de ce fait impensable : bientôt l’Angleterre ne sera plus une île puisque, en cette fin d’année 1963, Paris et Londres vont se mettre d’accord pour la réalisation d’un ouvrage fixe de traversée de la Manche. Ce sera probablement un tunnel foré, de 51 km de long dont 37 sous la mer, dont la construction durera au moins six ans et qui coûtera moins de 200 milliards d’anciens francs.
Lorsqu’il s’agit du Détroit de Gibraltar, il y a beaucoup de raisons pour que l’on étudie sérieusement un tel projet.
Les travaux effectués dans ces parages par le navire océanographique français Amalthée et qui visent à trouver le meilleur point de passage sous-marin pour le gazoduc de Hassi Rmel ont montré que si, dans le Détroit même, les fonds atteignent 900 mètres et qu’ils descendent rapidement à 2000 mètres, il existe un plateau continental entre cap Spartel et un point situé entre Tarifa et Cadix et où les fonds ne dépassent guère 400 mètres, ce qui pourrait être un passage privilégié pour un tunnel.
Le Maroc est intéressé évidemment d’une manière particulière à la réalisation d’un tel ouvrage. Il permettrait sans aucun doute de développer largement le mouvement touristique entre l’Europe et le Maroc et serait un remarquable instrument de développement économique