Un SIEL très bas

Après coup de Mr. Et-Tayeb Houdaifa

Sans vouloir jouer le grincheux de service, je me refuse à mêler ma voix au concert d’éloges suscité par la XVIe édition du Salon international de l’édition et du livre. Ici et là, on exalte l’excellence de son organisation. Or, d’une part, elle n’était pas si irréprochable qu’on le laisse entendre, de l’autre, pourquoi hisse-t-on une règle à laquelle doit se tenir toute manifestation au rang d’heureuse exception ? Qui-conque n’aurait pas arpenté le salon seulement en simple curieux, mais en observateur attentif, aurait percé, sous le masque avenant, force tares affligeantes. Ainsi l’étalage invraisemblable d’œuvrettes insipides. Pour quelques gouttes de lumière, combien de sots livres ! Une poignée d’hommes d’esprit face à une légion d’imbéciles arrogants, un soupçon d’écrivains dignes de ce nom contre une avalanche d’écrivaillons propre à vous fâcher à mort avec la littérature. Plus inadmissible, la distorsion entre les principes proclamés par le salon et les faits. Ne nous avait-on pas promis de bouter hors salon tout écrit entaché d’obscurantisme, de fanatisme ou de racisme ? Il n’en fut rien, ou plutôt l’inverse. Des maisons syriennes et égyptiennes, particulièrement, étalaient au grand jour cette espèce nauséabonde de livres. On se demande où les membres de la commission de contrôle avaient la tête. Visiblement, ils n’avaient pas toute leur tête, vu qu’ils avaient laissé passer l’essai de l’Algérien Mohamed Larbi Oueld Khlifa, sur la couverture duquel figure une carte du Maroc… amputé de sa partie saharienne. Sans commentaire.