Un milliard de joints, un million de cigares

la consommation est en hausse

On savait que la consommation de résine de cannabis sur le marché intérieur était largement répandue, ce que l’on sait moins, c’est la quantité de joints confectionnée chaque année. Les chiffres officiels du groupe Altadis permettent de s’en faire une idée par extrapolation. En 2005, la Régie des tabacs a vendu 15,2 millions de cahiers (appelés ainsi dans le jargon des cigarettiers) de feuilles à rouler, soit l’équivalent de 1,14 milliard de feuilles. Parallèlement, les ventes de tabac à rouler se sont élevées à 1 700 tonnes. Sachant qu’une cigarette de tabac roulé exige 1 g de matière et en supposant que l’intégralité de ce type de tabac soit consommée en cigarettes (et non pas en pipes), ce sont donc 1,7 million de cigarettes roulées qui sont confectionnées, soit 1,7 million de feuilles dédiées à cet usage. Reste plus d’un milliard de feuilles qui sont consommées mais non destinées à rouler du tabac. Où vont-elles ? Une alternative, donc une seule réponse : elles servent à confectionner des joints. Ainsi, 1,1 milliard de joints ont été fumés au Maroc en 2005.

Etonnant ? Non. Les chiffres ne font qu’apporter de la précision à une réalité connue par tous. On apprendra même qu’en dépit des efforts entrepris par les autorités et qui ont conduit à la baisse des superficies cultivées en cannabis, la consommation de joints reste sur un trend haussier: sur les quatre premiers mois de l’année, la vente de papier à rouler a augmenté de 5,5% alors que celle de tabac à rouler n’évolue pas.

Enfin, on découvre aussi que les Marocains sont de plus en plus amateurs de cigares. Il y a trois ans, il s’en vendait 400 par jour, aujourd’hui la Régie des tabacs, grâce à une politique de distribution agressive, arrive à en écouler 7 fois plus, soit 2 800 unités quotidiennement… ou encore 1 million par an – et encore on ne compte pas les cigarillos !

On vend plus de papier à rouler que d’équivalent tabac à rouler. On devine à quoi sert le papier restant…