Un marché de 210 millions d’habitants à  prendre

Mohammed VI a entamé, depuis le 24 novembre, une tournée en Amérique latine qui le mènera dans cinq pays (Mexique, Brésil, Chili, Pérou et Argentine). Une visite dont le caractère économique est très prégnant, puisqu’une forte délégation d’hommes d’affaires accompagne le Souverain.
Les cinq pays ont des économies et des niveaux de revenus similaires aux nôtres, et, surtout, ils connaissant les mêmes problèmes que le Maroc : chômage, pauvreté, lourdeurs des structures administratives… A ces problèmes, certains de ces pays ont trouvé des solutions parfois ingénieuses dont le Maroc pourrait s’inspirer. C’est le cas de la réforme des retraites au Chili, de la décentralisation au Brésil et au Mexique, des concessions et privatisations en Argentine… Rappelons aussi que le groupe Suez, qui gère actuellement l’eau et l’électricité à Casablanca, s’était beaucoup inspiré, et continue de le faire, de son expérience à Buenos Aires, la capitale argentine. Le Mexique est également un excellent exemple pour le Maroc. Ce pays a signé depuis dix ans un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, l’ALENA, et a passé l’examen américain avant nous. Le Maroc qui, lui, vient de signer son accord en 2004, pourrait tirer profit de l’exemple mexicain même si, il est vrai, la proximité de ce pays du marché américain change quelque peu la donne. N’empêche qu’il est des erreurs que le Maroc pourrait éviter.
Autre élément important dans cette visite : l’Amérique latine peut être un débouché formidable pour l’industrie marocaine. C’est un marché de 210 millions d’habitants, mais avec lequel le Maroc ne commerce que très peu. Selon les chiffres de l’Office des changes, il n’a exporté en 2002 que 2,2 milliards de DH vers ces cinq pays dont 1,5 milliard pour le Brésil. Cela représente à peine 2,6% de nos exportations globales. C’est dire qu’il y a là un gisement à exploiter. A nos industriels de charmer les Latinos .