Un confrère si ingrat…

Notre ancien confrère Hamid Grine, rentré en Algérie après huit années passées parmi nous au Maroc, a commis un recueil de portraits pour le moins curieux. Avec beaucoup d’ironie et de talent, il dépeint plusieurs personnalités, dont il a plus entendu parler qu’il ne les a connues. Du boxeur au chanteur, du politique à la princesse en passant par l’écrivain, Hamid Grine croque des figures à coups de clichés et de mauvaise foi indéniable. L’ex-«grand reporter», comme il aime se qualifier, dégaine sa plume pour insulter le pays qui l’a recueilli et lui a donné un travail et un logement quand cela n’a plus été possible dans «son Algérie».
Au détour des pages, les Marocains sont dépeints comme des êtres serviles, jaloux et peureux. Quand le chanteur syrien Georges Wassouf déclare dans une conférence de presse à Casablanca que les Algériennes sont très jolies, les journalistes marocains sont groggy debout sous l’effet du dépit. Quand il parle de Abdelwahab Doukkali, on apprend que celui-ci est mal aimé par le peuple parce qu’il est le représentant du makhzen craint et détesté. On apprend également que les Marocains, tétanisés par la peur, n’osent même pas parler de leur police, qu’il n’y a pas un seul investisseur algérien qui n’ait pas fait faillite à cause des exactions des autorités… Un florilège d’inepties et d’approximations. Mais, rassure-toi, Hamid, ici, au Maroc, on ne regrette pas de t’avoir accueilli ni de t’avoir ouvert nos portes. Ce qu’on regrette surtout, c’est qu’on n’a pu te guérir ni de ta haine ni de ta rancœur et encore moins de ton non-professionnalisme.
Au final, Hamid Grine ne répond pas à la seule question importante : comment a-t-il pu vivre huit années au Maroc en détestant autant les Marocains ? .