Tracas pour les textiliens

Décidément, les temps sont durs pour les textiliens. Auparavant, les donneurs d’ordre ne badinaient pas avec les délais et la qualité. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus regardants sur les conditions de travail dans les usines, les salaires, l’hygiène au grand dam des chefs d’entreprises.

Décidément, les temps sont durs pour les textiliens. Auparavant, les donneurs d’ordre ne badinaient pas avec les délais et la qualité. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus regardants sur les conditions de travail dans les usines, les salaires, l’hygiène au grand dam des chefs d’entreprises. Ainsi, au début du mois de février, l’Union des étudiants de l’Université d’Oxford (OUSU), en Angleterre, a protesté contre le fait que les T-shirts qui portaient le logo de l’université étaient fabriqués dans une usine au Maroc qui ne respecte pas le droit international du travail. Dans une pétition, les étudiants dénoncent en effet les managers de cette grande usine de Salé (Maroc), filiale d’une multinationale, qui ne respectent pas l’un des droits les plus élémentaires des ouvriers, à savoir celui d’être syndiqués. Selon une enquête menée par l’OUSU, l’entreprise avait été condamnée quelques mois auparavant par la Fédération internationale des travailleurs des secteurs textiles et confection pour avoir licencié des ouvriers à cause de leurs activités syndicales. Une autre entreprise textile, à Casablanca cette fois-ci, a vu débarquer les responsables de la firme Nike, venus inspecter les conditions de travail avant de passer une grosse commande. Le chef d’entreprise a eu droit à une véritable inspection du travail dans les règles de l’art. Les Américains n’ont rien oublié : les vestiaires, les toilettes, la propreté des locaux, l’âge des ouvriers, leurs salaires, les horaires de travail… Au final, l’entreprise marocaine, pour avoir la commande, s’est engagée à ne faire travailler sur les articles de Nike que les ouvriers répondant aux critères fixés par le donneur d’ordre. Bientôt on parlera de compétitivité sociale aussi, la compétitivité économique, elle, sera considérée comme un postulat de base. Merci qui ? La mondialisation , bien sûr.