Tous les yaourts ne se ressemblent pas

Quelle différence y a-t-il entre un pot de yaourt et un autre ? Les marketiciens s’évertueront à mettre en avant la qualité, la fraîcheur, l’emballage, etc. Tout ça, c’est bien, mais ce n’est pas tout. Car, en achetant un Danone, par exemple, qui est la marque phare de Centrale laitière, le consommateur contribue à l’économie nationale en payant 20% de TVA. Ce qui n’est pas le cas des produits de nombreux autres fabricants. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le secteur des dérivés du lait continue de pâtir d’une situation des plus étranges. Aujourd’hui, contrairement aux entreprises ayant le statut de sociétés, les coopératives, qui fabriquent également des produits similaires, sont exonérées de la TVA et de l’IS.
Si, au cours des années 1970, l’exonération des coopératives agricoles à caractère social se justifiait (pour aider les petits agriculteurs), «aujourd’hui elle n’a plus lieu d’être», rétorquent certains industriels du secteur. Aux yeux des opérateurs, elle entraîne même une concurrence déloyale car, entretemps, ces coopératives sont devenues de véritables entreprises générant, pour certaines, entre 300 et 600 MDH de chiffre d’affaires.
A titre d’exemple, on retiendra que Centrale laitière a payé 100 MDH au titre de la TVA pour le premier semestre 2004 et 150 MDH pour l’IS.
Certains industriels ont d’ailleurs proposé au ministre des Finances, Fathallah Oualalou, d’imposer les coopératives à partir d’un chiffre d’affaires seuil, soit 50 millions de dirhams. En attendant une solution, qui n’arrivera peut-être jamais, les industriels «victimes» pourraient en profiter pour faire de leur discrimination un argument marketing : «Contribuez à l’effort national en consommant un yaourt taxé».