Teasing financier ? Non merci !

Si en photographie le flou a ses adeptes, en finance la clarté est une règle d’or. Les responsables de Financecom (groupe Benjelloun) en charge du projet d’introduction en Bourse de Finatech Group, une de leurs filiales nouvellement créée l’ont appris à leurs dépens. Mercredi 19 décembre, la crème des banques d’affaires marocaines (BCP Bank, Attijari Finances Corp, CFG Group, BMCE Capital, etc.) a été invitée dans un célèbre palace parisien par la filiale hexagonale du géant bancaire HSBC pour la présentation d’une méga introduction à la Bourse de Casablanca. Une fois sur place, les golden-bankers marocains découvrent que le maître d’ouvrage n’est autre que le deuxième groupe privé marocain qui leur présente le plan d’une levée de 2 milliards de DH en 2008 par son nouveau bras armé dans les métiers des nouvelles technologies et de la gestion de la relation client, qui détient dans son portefeuille plus de 20 participations.
Jusque-là, pas de couac. Mais, n’ayant eu aucune précision sur l’identité de ces participations, les représentants des banques consultées ont pesté contre ce «teasing», peu courant en finance. Ils n’ont guère apprécié non plus qu’on les prenne de haut en leur accordant 45 minutes pour convaincre dans l’espoir d’être retenus comme banque conseil. Selon des témoins sur place, l’ambiance s’est vite refroidie à tel point qu’un cadre supérieur sur place a même dressé un parallèle – assez déplacé d’ailleurs – avec l’affaire Gespac, l’équipementier automobile français qui, en organisant sa propre banqueroute, a fait boire le bouillon à 4 capital-risqueurs marocains.