Sevam opposé à  Saint-Gobain en Tunisie

Le verrier marocain Sevam est à l’origine d’une crise entre Saint-Gobain, le géant français du secteur et l’Etat tunisien. En effet, l’annonce faite le 28 septembre du rachat, par la société marocaine Sevam, de 60% du capital de la société tunisienne Sotuver, spécialisée dans la fabrication d’articles en verre, a provoqué un imbroglio juridico-financier sans précédent en Tunisie.

Au lendemain de l’annonce, les médias tunisiens et français rapportaient que le français Saint-Gobain avait déposé une plainte devant les justices des deux pays pour essayer de faire annuler la transaction. Motif invoqué : Saint-Gobain dit avoir conclu avec les vendeurs, les héritiers de M. Chahed, propriétaire de Sotuver, une convention de confidentialité assortie d’une lettre d’intention. Autrement dit, Saint-Gobain était déjà acquéreur au moment de la transaction avec Sevam, qualifiée d’illégale.

Quelques jours plus tard, second coup de théâtre. La société française revient sur la scène mais cette fois-ci en tenant un tout autre discours. Selon la nouvelle version exposée par le conseiller juridique de Saint-Gobain en Tunisie, ce n’était pas l’entreprise qui portait plainte mais une de ses filiales, Emballages Trading Sat. Mieux, Saint-Gobain qualifiait l’incident de regrettable et révélait, autre surprise de taille, que ladite filiale ne représentait que 10% du chiffre d’affaires global du groupe et surtout qu’elle était en passe d’être vendue. Incident clos ? Pas sûr puisque, finalement, on ne sait pas encore si le rachat de Sotuver par Sevam sera validé ou non. Une question pour l’instant sans réponse, la direction générale de Sevam étant restée injoignable.