Sans cinéma

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Un directeur de festival qui s’esbigne pour éviter d’honorer un amas de factures, cela s’est vu sous nos climats déshonnêtes, et le procédé indélicat n’émeut plus grand monde. Mais quand l’auteur du forfait est un cinéaste estimé à la fois pour son talent et sa droiture, on ne peut s’empêcher de tomber des nues. Et de faire choir l’icône qu’il constitue du piédestal sur lequel il a été placé après le triomphe d’un film marquant dans l’histoire du cinéma marocain. Les mauvaises langues prétendent que sa réussite inespérée lui serait montée à la tête, au point de s’approprier une manifestation cinématographique existante, rebaptisée, selon son plaisir, juste pour permettre à ses accointances et à sa cour de faire ripaille et joyeuses bombances, pendant quelques jours. Avec l’argent qu’il a recueilli, sauf que cette fois il s’est fait la malle sans débourser un rond. Serait-il grisé d’impunité ?
Nous sommes enclins à le penser. Ceux qui scrutent le paysage cinématographique s’alarment de la progression de l’immoralité parmi les gens de cinéma. Episodiquement, il s’en trouve un sur la sellette pour abus, depuis l’exploitation d’enfants rémunérés avec des bonbons jusqu’au détournement de mineures, en passant par le refus de payer les scénaristes et les dialoguistes. D’évidence, tout le corps du métier n’est pas aussi malsain, mais la gangrène s’y loge de plus en plus.