Sahara : une rencontre pour rien ?

deuxième round de négociations à  la mi-août

Une rencontre pour rien ? Les observateurs sont partagés quant à l’issue du premier round de négociations sur le Sahara entre le Maroc et le Polisario, les 18 et 19 juin. Comme prévu, chaque partie est restée cantonnée sur ses principes de base. Le Maroc, fort d’une proposition d’autonomie qui semble avoir les faveurs d’une partie de la communauté internationale, a expliqué en substance qu’il avait fait une ultime concession en abandonnant l’idée d’une intégration totale au profit d’un pouvoir élargi. Le Polisario, lui, est resté attaché à son idée de référendum d’autodétermination dont l’inapplicabilité a pourtant été reconnue par les Nations Unies.

Mais ce n’est pas pour autant que la situation est sans issue. Tout d’abord, les deux parties ont accepté le principe d’une autre rencontre qui se tiendra au même endroit (Manhasset, banlieue de New York), au cours de la deuxième semaine d’août, pour poursuivre les discussions. Ensuite, on notera l’état d’esprit positif qui a animé la première rencontre avec des déclarations apaisantes aussi bien du Polisario que du Maroc. Enfin, on relèvera que l’ambiance des négociations était détendue, particulièrement lorsque les deux parties se sont retrouvées dans un face-à-face direct, sachant que l’Algérie et la Mauritanie ont juste assisté à la séance d’ouverture et de clôture.

La suite dira si cet optimisme est infondé. En attendant, d’ici le 30 juin, le secrétaire général de l’Onu soumettra un premier rapport sur la question et les contacts diplomatiques devraient se poursuivre en coulisses. Mercredi 20 juin, Taïeb Fassi Fihri, ministre délégué aux affaires étrangères, avait rallié Paris, directement de New York, pour une audience avec Nicolas Sarkozy, le Président français, auquel il a remis un message du Roi Mohammed VI.