Sahara : la fin de Manhasset ?

l’envoyé du sg de l’onu sort de ses gonds

«L’indépendance du Sahara n’est pas une option réaliste».
C’est cette phrase relativement optimiste que l’agence officielle Maghreb Arab Press (MAP) a préféré retenir du discours de Peter Van Walsum, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara, devant le Conseil de sécurité, lundi 21 avril. Omission volontaire ? La phrase rapportée par la MAP a été tronquée de son début.

La phrase complète disait : «J’ai conclu qu’en l’absence de pressions sur le Maroc pour abandonner ses revendications de souveraineté sur le territoire, un Etat sahraoui indépendant n’était pas une proposition réaliste». Le constat n’est pas un scoop, ce qui l’est en revanche, c’est la franchise crue avec laquelle le diplomate onusien a parlé, et l’on pardonnera volontiers ce petit oubli à la MAP.

Ce que l’on aura en revanche oublié de noter, c’est le pessimisme de l’envoyé de Ban Ki-moon. Ce dernier estime, à l’issue de quatre rencontres stériles entre le Maroc et le Polisario à Manhasset, que la poursuite de ce cycle de négociations ne mènera à rien.

Il propose donc de demander aux deux parties de retirer pour un certain temps (six mois ?) leurs propositions respectives et de négocier «en présumant temporairement qu’il n’y aura pas de référendum offrant l’indépendance comme possibilité» avec, comme préalable, des messages aux deux parties : le Maroc ne serait pas forcé d’accepter la possibilité de l’indépendance et l’Onu rappellerait qu’elle ne reconnaît pas la souveraineté du Royaume sur le Sahara.

En somme, c’est un véritable retour à la case départ. On notera toutefois que, dans la déclaration faite au Conseil de sécurité, Peter Van Valsum dit, entre les lignes cette fois-ci, qu’il vaut mieux pour les Sahraouis séparatistes troquer une indépendance chimérique contre une autonomie réelle, plutôt que de continuer à vivre dans des conditions inhumaines à Tindouf.