Respect du pluralisme politique : la faille qui embête la Haca

Elle ne peut réglementer l’accès aux médias pour les communales.

C’est visiblement une faille dans le dahir régissant la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca). Elle ne peut réglementer l’accès et le temps de parole médiatique accordé aux partis politiques, lors de la période pré-électorale relative aux élections communales du 12 juin prochain comme elle l’avait fait lors des législatives. En effet, l’article 22 dudit dahir ne lui donne compétence que pour les scrutins devant mener à la Chambre des représentants ou celle des conseillers.
Il faut, en effet, savoir que, hormis les périodes de campagnes électorales officielles, réglementées par décret interministériel, la Haca a le droit d’imposer des normes spécifiques concernant la période qui précède. Ainsi, lors des législatives de septembre 2007, elle avait fixé, pour une période de deux mois et demi, précédant la campagne électorale, le temps de parole par parti, selon qu’il soit dans la majorité/gouvernement, l’opposition ou non représenté au sein du Parlement. Une manière d’éviter les abus. Or, concernant les élections communales du 12 juin, elle n’a aucune emprise sur le processus. Certes, la Haca peut toujours appliquer la décision portant N° 46-06 qui régit l’accès aux médias en dehors des périodes électorales, mais rien n’empêche, par exemple, l’émergence de cas d’injustice, en temps de communication entre partis, appartenant tous deux à la majorité ou à l’opposition.
Enfin, le comble est que le pouvoir donné à la Haca sur l’accès à la Chambre des conseillers est un non-sens, puisque c’est au vote de grands électeurs qu’on fait appel, alors que justement, pour les communales, scrutin de proximité, ce sont les citoyens, soumis, eux, à l’influence des médias qui vont voter.