Quelle vie politique pour Benkirane après la Primature ?

Il ne pourra plus prétendre à diriger son parti.

Que fera Benkirane maintenant qu’il n’est plus chef de gouvernement ? C’est une question que se pose presque tout le monde. La seule chose que l’on sait pour le moment, avec certitude, c’est que, comme il l’a affirmé lui-même, «le gouvernement pour moi, c’est fini». Le chef du gouvernement sortant a décidé de s’abstenir de faire tout commentaire. Cependant, Abdelilah Benkirane est toujours député de Salé. Bien que ce soit une entorse, à la fois, au règlement intérieur de la première Chambre et à la loi organique relative à la composition et au fonctionnement du gouvernement, il continue de cumuler les deux mandats, celui de député et celui de chef du gouvernement. Certains analystes politiques estiment que c’est par mégarde que le Secrétariat général du gouvernement et le Conseil constitutionnel n’ont pas réagi à cette situation. D’autres estiment que cette incompatibilité qui frappe les autres membres du gouvernement ne s’applique pas au chef du gouvernement désigné, ni à celui du gouvernement d’expédition des affaires courantes.
De toutes les manières, Benkirane reste au poste jusqu’à la nomination par le Souverain d’un nouveau gouvernement. De même, affirme-t-on dans son entourage, sur le plan constitutionnel, il a le droit de garder son siège parlementaire. Et à moins de démissionner, comme l’a fait son colistier et accessoirement ancien directeur de cabinet, il pourra continuer sa vie politique au sein de l’hémicycle. Or les usages voudraient que le chef du gouvernement sortant quitte définitivement la scène politique comme l’ont fait la plupart de ses prédécesseurs. De même, n’étant plus au poste, rien ne justifie un troisième mandat à la tête de son parti auquel il se préparait déjà. En définitive, le retour en force de Benkirane dépend de la seule condition que son parti soit dans l’opposition.