Profils IT : «Les grands groupes étrangers offrent de bien meilleures opportunités de carrière»

Questions à Alexandra Montant, DGA du portail Rekrute.

La Vie éco : D’après votre enquête, les informaticiens marocains hautement qualifiés sont recherchés par des entreprises à l’étranger. Quels peuvent être les raisons de cette tendance ?
nJe tiens à préciser avant tout que les résultats de l’enquête n’ont pas pour objet de polémiquer ou de surenchérir sur le sujet puisqu’au Maroc, nous ne disposons pas de véritables chiffres sur la fuite des compétences.
C’est un effet de la mondialisation auquel nous assistons de par le monde où les compétences françaises se font chasser par les entreprises nord-américaines, où les compétences africaines notamment marocaines se font également approchées par les compagnies européennes…Les entreprises marocaines doivent prendre conscience de ces mouvements constatées un peu partout pour pouvoir agir et retenir ses meilleurs candidats.
Cette récente enquête nous a permis tout de même de constater que 2/3 des informaticiens sondés ont été approchés au moins une fois par des recruteurs étrangers. Ce constat montre qu’il existe une stratégie réelle des groupes étrangers pour approcher les candidats marocains. Il faut dire aussi que les grands groupes étrangers offrent de bien meilleures opportunités de carrière.
Les profils IT notamment juniors préfèrent s’expatrier pour évoluer dans leur carrière. L’enquête a d’ailleurs montré que les perspectives d’évolution professionnelle restent la priorité pour bon nombre de candidats.
Le deuxième est que les profils seniors préfèrent notamment s’expatrier pour offrir à leurs enfants de meilleures conditions de vie (scolarité, santé, éducation…).

Quels sont les profils les plus convoités ?
Les entreprises étrangères cherchent aujourd’hui à recruter les informaticiens marocains ayant au minimum un Bac+4 ou un diplôme en école d’ingénieurs. Ils veulent des profils pointus qui vont les accompagner dans leurs projets d’envergure. D’ailleurs, l’enquête montre que l’expérience professionnelle acquise avec les années donne de la valeur au profil. Plus de 80% des profils qui bénéficient de 6 à 8 ans d’expérience et 67% des profils de plus de 8 ans d’expérience ont déjà été chassés par des recruteurs étrangers, contre 50% des débutants et juniors. Ce dernier chiffre reste tout de même important, car cela témoigne d’un réel intérêt envers nos informaticiens, même les moins expérimentés

Concernant les salaires, avez-vous constaté une évolution dans ce sens ?
L’enquête 2018 a montré que 64% des sondés restent insatisfaits par rapport à leur salaire. Cette insatisfaction est surtout présente dans les PME. L’enquête montre également que les candidats formés à l’étranger perçoivent des salaires beaucoup plus importants que ceux qui ont été formés localement. Ainsi, 54% des informaticiens ayant étudié et au Maroc et à l’étranger ont un salaire supérieur à 15 000 DH par mois.
Un passage par une école ou une université étrangère est donc très bénéfique pour la carrière car il permet non seulement d’acquérir une expérience internationale, mais aussi d’augmenter sa valeur sur le marché.