Production d’agrumes… peut mieux faire

Les performances du Maroc, pays agricole, face à  des pays dits industriels, en matière de production d’agrumes notamment, ne font pas honneur.

Les performances du Maroc, pays agricole, face à des pays dits industriels, en matière de production d’agrumes notamment, ne font pas honneur. La production marocaine atteint à peine 1,3 million de tonnes, soit 7,6 % de la production méditerranéenne qui totalise 17 millions de tonnes (19 % de la production mondiale). Dans ce classement, l’Espagne tient le haut du pavé avec 6 millions de tonnes d’agrumes produits, dont la moitié est exportée.
Le Maroc fait toutefois un meilleur score du côté des exportations où sa part, en Méditerranée, atteint 8,6 % avec quelque 500 000 tonnes expédiées en moyenne chaque année pour un total réalisé par l’ensemble des pays de la région de 5,8 millions de tonnes (55 % des exportations mondiales).
De l’avis des professionnels, les performances marocaines peuvent être encore nettement améliorées. Des facteurs comme les aléas climatiques mais surtout le stress hydrique qui menace plusieurs régions productrices, notamment le Souss (55 % des exportations), expliquent cet état de fait. L’Aspam, association professionnelle du secteur, a d’ailleurs lancé un programme pour la généralisation de la micro-irrigation qui permet une économie d’eau qui atteint 40 %.
A ces éléments s’ajoute l’absence d’un plan de lutte contre la mouche méditerranéenne des agrumes. Le Maroc accuse à ce niveau un sérieux retard par rapport à des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Turquie et Israël. D’ailleurs, ce point sera fortement présent à l’ordre du jour de l’assemblée générale du CLAM, Comité de liaison des agrumes de la Méditerranée, qui se réunira les 10 et 11 octobre prochains à Marrakech.
Néanmoins, en dépit de l’ensemble de ces handicaps, les opérateurs demeurent confiants. «Le secteur pourra dépasser la barre des 700 000 tonnes à l’export en 2012. Les attributions des terres de la Sogeta-Sodea (13 000 hectares d’agrumes) devront contribuer à la réalisation de ce score», estime Ahmed Derrab, président de l’Aspam .