Pour un enseignement avisé

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Dix ans sont passés sur la dernière réforme de l’enseignement. A en palper les fruits, on ne peut que donner raison a posteriori aux sceptiques qui préjugeaient défavorablement des effets de la potion magique proposée. Sans aller jusqu’à partager leur pessimisme, à nos yeux péremptoire, nous ne pouvions nous interdire de douter de la portée de cette action réformatrice, ne serait-ce que parce qu’elle n’était pas fondée sur une évaluation fiable de la situation scolaire. Une situation tellement désastreuse qu’elle nécessitait un véritable débat démocratique. Nous n’avions pas tort. Les mesures prises n’ont pas suffi à sortir définitivement notre système éducatif de l’ornière dans laquelle il s’embourbait. Ce qu’il faudrait, ce serait une politique frontale, qui prendrait le taureau par les cornes, éliminerait les facteurs de sclérose et raffermirait les soubassements d’une école démocratique. Si on considère que l’école est un lieu de socialisation, il faut faire en sorte qu’elle distille une culture réelle. Dans cette vue, la partition entre l’«utile» (informatique, technique…) et le «superflu» mais combien nécessaire (lettres, philosophie, arts…) n’a pas lieu d’être. Les langues ne devraient pas être envisagées sous un angle purement fonctionnel, mais comme des supports de cultures. Ce qui, à une époque de décloisonnement, revêt une franche utilité. Bref, la culture ne pourrait rester l’apanage d’une élite sociale, elle représente un patrimoine auquel tous les apprenants ont droit. Il va de soi qu’un tel dessein requiert des enseignants hautement qualifiés, adéquatement formés et dignement rémunérés.
Vaste programme.