Petits soucis pour Sajid

La majorité lui fait défaut..

Lundi 20 mars, l’ambiance était glaciale au sein du Conseil de la ville de Casablanca. Ce jour-là, le président du conseil, Mohamed Sajid, s’est juste accordé le temps de s’installer sur l’estrade avant de déclarer la séance levée, invoquant l’absence du quorum nécessaire pour la tenue de la deuxième séance de la session ordinaire et s’éclipser de la salle.

Les conseillers PJD qui lui ont emboîté le pas auront droit quant à eux à un départ beaucoup plus spectaculaire lorsqu’ils devront affronter un feu nourri de critiques de la part des élus USFP, PPS et PI. Motif ? Selon ces derniers, non seulement le quorum y était, mais les représentants PJD seraient de mèche avec le président, en échange de privilèges pour leurs quartiers. L’événement aurait ainsi été planifié puisque, sur les 131 conseillers, plus de la moitié auraient été présents mais tous ne seront pas entrés dans la salle, ou du moins n’auront pas émargé sur la feuille de présence.
Enjeu dans cette affaire : un budget de quelque deux milliards de dirhams, le premier à couvrir la ville unifiée, mais pour lequel Mohamed Sajid n’aurait pas eu la majorité, ce qui l’aurait amené à reporter la rencontre, le temps de mettre de l’ordre dans ses rangs.

De sources USFPistes, un membre du parti de l’Istiqlal aurait été approché, sans succès, tandis qu’un autre élu, qui menaçait de voter contre son groupe, aurait changé d’avis à la suite d’un accord de dernière minute. Cela faisait longtemps déjà qu’une guerre d’usure opposait Mohamed Sajid au bloc de la Koutla au sein du Conseil de la ville : réunions tardives, reports à répétition et autres joutes politiques font d’ailleurs régulièrement les choux gras de la presse partisane. En attendant, ce sont les Casablancais qui trinquent.

Mohamed Sajid, faute de majorité, a préféré lever la séance. La suite fut un spectacle digne d’une pièce théâtrale.