Pas de visas pour les Chinois !

Les décideurs s’accordent de plus en plus à reconnaître le rôle central de la diplomatie dans l’économie. Mais l’effet est à double sens : quand la diplomatie est tatillonne, elle peut devenir une source de blocage.

L’entreprise Emafil du groupe Soft, spécialisée dans la filature, l’a appris à ses dépens. Ayant acheté des machines de Chine, courant 2007, la société avait planifié leur mise en service pour une nouvelle ligne de production au mois d’août. Sauf que les machines, arrivées depuis 3 mois, sont à l’arrêt. L’équipe d’ingénieurs chinois qui devaient les installer et les mettre en marche s’est vu refuser des visas d’entrée dans le Royaume par l’ambassade du Maroc à Pékin. Ces derniers font depuis trois mois l’aller-retour entre Pékin et Shanghaï, où est basée l’entreprise qui a fourni le matériel, pour rien.
Le cas Emafil n’est pas isolé. Trois autres entreprises dans les secteurs du textile et de la plasturgie sont confrontées à ces mêmes difficultés. Certaines ont mis en service leurs machines par téléphone avec l’assistance de techniciens chinois !

Enfin, le stand chinois du Salon Maroc Sourcing, qui s’est tenu à Casablanca les 28 et 29 novembre, est resté vide parce que, tout simplement, aucune entreprise chinoise n’a pu obtenir le visa pour venir y participer.
Contactée par La Vie éco, l’ambassade du Maroc à Pékin n’a pas donné de suite à notre demande. Un style très diplomatique…